Articles par Curtis E. Hinkle, Fondateur de l'OII
Articles by Curtis E. Hinkle, Founder of OII
Artículos por Curtis E. Hinkle, Fundador de la OII
Artikel von Curtis E. Hinkle, Gründer, IVI
Artikels van Curtis E. Hinkle, Stichter, IVI
Artiklar av Curtis E. Hinkle, Grundare, IVI

Blogs: Français, English, CastellanoDeutsch
Articles en français par Curtis E. Hinkle, Fondateur de l'OII

Nouvelle anthologie (PDF)

Hermaphrodites : une vie de lutte contre l’invisibilité et la mutilation de l’âme
Anthologie des articles et traductions de Curtis E. Hinkle, fondateur de l’OII

Un cri d'alarme pour les droits humains

Une perspective féministe queer sur l’activisme intersexe

DSD: Le fascisme médical nord-américain et la fabrication du consentement

Le sexe - une invention médicale

Le Sexe et le genre: Une mystification médicale

Contre les Blackfaces sexistes

Pourquoi la communauté intergenre est-elle si importante pour la communauté intersexe?

La pathologisation de nos corps et de nos genres: Une mystification sexiste

Es-tu ambigu, mon petit? par Sara Edenheim (Traduit du suédois par Curtis E. Hinkle)

De la violente construction binaire du sexe  */ **par Antke Engel
Traduit de l’allemand par Curtis E. Hinkle (Revu et corrigé par Lucie Gosselin)

Résistons à tous les sexismes

10 idées fausses sur l'intersexuation

Au-delà des mouvements identitaires: l'Intersexuation de la théorie queer

FAQ (Foire Aux Questions)

(Hétéro-)sexisme pathologique et la médicalisation du sexe chez les enfants
Intersexe – le Sexe qui n'ose pas dire son nom

Femme, homme ou entre - deux? La place des hermaphrodites dans la société
Par GUDRUN NORSTEDT (Traduit du suédois par Curtis E. Hinkle)

Sexpolice par Sally Lehrman
Traduit de l'anglais par Curtis Hinkle et Lucie Gosselin de l'OII

Les 10 mythes les plus répandus sur l'intersexualité par: Alice Dreger
Traduction: Curtis E. Hinkle

Monstres de Cirque et l'Exposition d'hermaphrodites d'Alice Dreger

ISNA et Alice Dreger

Un repas binaire grand format, s.v.p.
La McDonaldisation de l'activisme intersexe

Personnes sans visages
L'Utilisation de techniques discursives comme moyen d'objectivation de groupes marginalisés

Pourquoi L'ISNA ne parle pas pour beaucoup d'entre nous

Renseignements sur J Michael Bailey, collègue d'Alice Dreger et maintenant "chercheur" sur l'intersexuation

Le Racisme, le Sexisme et l'Homophobie dans le Commentaire d'Alice Dreger sur la Controverse Bailey : Une analyse féministe
Par Curtis E. Hinkle er Michelle O'Brien

Baisers hermaphrodites

Articles in English by Curtis E. Hinkle, Founder of OII

Anthology of Articles on Intersex by Curtis E. Hinkle     (PDF)

10 Misconceptions about Intersex

Sex versus Gender: Exposing medical violence and dishonesty

Penetrating the stone wall of narcissism

A Day in Neverland: The Neverland Essence Narrative and latent homosexuality

About the violent construction of sex as a binary */** by Antke Engel (translated from the German by Curtis E. Hinkle)

Alice Dreger and Disorders of Sex Development

Alice Dreger: The violent gender police of intersex and trans identities

Cheryl Chase and Disorders of Sex Development (DSD)

Disordering the lives of children

DSD (Disorders of sex development): a sexist, classist ideology based on eugenics

Dreger in Denial

DSD Consortium: Homophobia and transphobia exposed

DSD Guidelines Handbook for Parents is transphobic and homophobic

DSD - Is there really a consensus?

DSD: North American Medical fascism and manufacturing consent

Eric Vilain, J Michael Bailey and DSD

The fundamental error of conflating intersex with birth defects

Medical Fraud and Quackery (Satire)

New Guidelines for Sex Development Disorders – Parody

Pathological (hetero)sexism and the medicalisation of sex in children

People without Faces

Talking About What Matters?

The Rhetorical castration of the Intersex community

Why the intergender community is so important to the intersex community?

Who owns our bodies? Human rights and the intersexed (co-authored with Lucie Gosselin)

Woman, man or in between? Hermaphrodites' place in society by Gudrun Norstedt (translated from the Swedish by Curtis E. Hinkle)

Hermaphrodite Kisses


Artiklar på svenska av Curtis E. Hinkle

En binär måltid, tack, extra stor
Macdonaldiseringen av Intersexuell aktivism

Varken eller av Curtis Hinkle och Sara Edenheim
Curtis Hinkle och Sara Edenheim söker efter en politik som förenar feminism och intersexuella erfarenheter
Bang (Tema: Förnuft - Feministisk Kulturtidskrift 3 2005) Sidor 29-33.
Une perspective féministe queer sur l’activisme intersexe, fondée sur mon expérience personnelle avec les mouvements racistes et sexistes séparatistes.
par Curtis E. Hinkle
© 2007

Il existe de nombreuses perspectives différentes au sein de la “communauté” des personnes intersexuées. Par rapport aux autres communautés, nous ne revendiquons pas une seule identité car nous avons des parcours différents, des identités différentes, voire des définitions différentes de notre intersexualité. De ce fait, il est important que chacun ait la possibilité de parler ouvertement de son propre vécu, et de la manière dont son vécu affecte ses propres opinions sur les questions intersexes. Ce qui suit n’est que mon regard personnel sur quelques-unes des questions qui me paraissent importantes si l'on veut comprendre mon cheminement, en particulier pourquoi je suis devenue féministe queer et activiste intersexe.

Nombreux sont les mouvements fondés sur l’identité sexuelle des personnes, ce que j’appelle des mouvements identitaires. Leurs politiques, reposant sur des notions binaires, réductionnistes et essentialistes des personnes, ne me semblent pas représenter la meilleure façon de militer en faveur des droits humains. C’est une des raisons pour lesquelles je suis devenue féministe queer et ai pensé qu'il était de mon devoir de lutter contre le sexisme et le racisme. Je considère que l’organisation et la structure des mouvements identitaires favorisent le sexisme, la binarisation des sexes et le séparatisme.

Les mouvements séparatistes me posent problème. Cet essai n’est pas principalement une critique du séparatisme au sein de la communauté LGBT, mais plutôt du séparatisme racial, de l’apartheid des races et comment le système raciste de la région des Etats-Unis où j’ai passé mon enfance m’a poussé à réfléchir sur les pouvoirs de l’état : pouvoirs à définir les personnes, à les marginaliser, et ainsi à protéger les intérêts d’une petite minorité qui de la sorte pouvait exercer son contrôle sur la majorité. La Louisiane a un long passé avec le racisme ; entre autres, afin de maintenir l'apartheid racial, l’état a dû élaborer une définition de la race “noire” et de la race “blanche” : entreprise complexe car, comme pour le sexe, l'ensemble de la population ne peut se diviser en deux catégories clairement distinctes quant à la race. En Louisiane, la solution adoptée était de demander aux personnes concernées de prouver qu’elles n’avaient pas de sang « noir », sans quoi elles devenaient « noires » par défaut sur le plan juridique. Il existait des sous-catégories pour les personnes « entre les deux races », comme quadroons, octoroons et même quintroons. Cette situation a duré jusqu’aux années 1980, et toute pièce d’identité d'une personne quadroon, octoroon, etc., portait la mention race noire.

Il s’avère très difficile de diviser en deux catégories distinctes une population composée d'un grand nombre de personnes - et ceci quel que soit le critère retenu pour définir les personnes concernées - sans que cela ne conduise à stigmatiser et marginaliser une grande partie de cette population, a fortiori lorsqu'il n’y a que deux catégories. Pour ma part, en tant que personne intersexuée, j’avais l’impression que l’apartheid sexuel, l’imposition d’un sexe juridique à chaque enfant, avait beaucoup en commun avec l’apartheid racial, et que ces deux apartheids avaient les mêmes motivations politiques : maintenir le pouvoir d’une classe sociale sur toutes les autres. Je pense que tout le monde sera d’accord avec moi que le système autrefois en vigueur en Louisiane - décrit plus haut - était raciste.

Je me pose deux questions :
- Les divisions séparatistes telles qu’elles sont organisées au sein des mouvements identitaires LGBT ne sont-elle pas sexistes ?
- Y a-t-il de bonnes raisons pour perpétuer le sexisme ?

Voyons un exemple ayant trait à la problématique intersexe : souvent, il est dit aux parents d’un enfant intersexué d’élever cet enfant « en fille ». Mais qu’est-ce que cela signifie, au juste, d’élever un enfant « en fille » ? Pour moi, c’est clairement sexiste. La notion de “fille” comprend toutes sortes de connotations stéréotypées qui n’ont rien à voir avec le corps d’une personne, et dans ce cas il s’agit d’une personne qui n’est pas née avec un corps typiquement féminin.

Ma famille est biraciale. Si un médecin nous avait dit d’élever notre enfant en noir ou en blanc, je lui aurais répondu franchement que je trouvais cette attitude raciste, et je pense que la plupart des personnes seraient d’accord avec moi. Pourquoi n'a-t-on pas la même approche, lorsqu'un médecin dit aux parents d'un enfant intersexué d’élever cet enfant en fille (ou de l’élever en garçon) ? Ce type d'attitude est sexiste.

Le racisme et le sexisme sont-ils moralement justifiables dans certaines situations et, si la réponse est oui, quelles sont ces situations ? Personnellement, je n’ai pu trouver de bonnes raisons justifiant le sexisme et le racisme, et je pense que ces divisions ne nous aident pas pour les luttes en faveur des droits humains. Le fait d'imposer de telles frontières au sein de la population aura toujours pour conséquence que certaines personnes deviennent, par défaut, « l’autre », le paria, l’indéfinissable. A quoi servent ces frontières juridiques ?

Pour en revenir au séparatisme implicite des mouvements LGBT, mon impression est qu'à l'instar du séparatisme pratiqué par tout autre mouvement, cela peut devenir un moyen utilisé par les groupes opprimés pour opprimer d’autres personnes, souvent sans le vouloir. Le danger est que cela risque d'une part de perpétuer l’oppression d'un grand nombre de personnes, d'autre part de détourner l’énergie qui serait plus efficacement investie dans la lutte en faveur des droits humains. Ceci vaut pour toutes les minorités sexuelles, car ce qui devient important dès lors que le séparatisme gouverne, c’est de maintenir l’ordre dans le nouveau système défini par ce séparatisme et d’assurer les frontières entre “nous” et “les autres”. Toutes les personnes qui se trouvent dans le « no man’s land » entre les nouvelles frontières deviennent les nouveaux opprimés. Et comme c’est presque toujours le cas, les définitions changeront avec le temps, en réponse aux pressions politiques et sociales au sein du groupe. En outre, les membres du groupe eux-mêmes évolueront, au cours d’une vie d’interrogations et de réflexions sur les variations de leurs propres identités. Cela nécessitera donc de nouveaux bousculements pour re-déterminer les frontières et de nouveau authentifier sa propre appartenance au groupe. Le maintien de l’ordre et des frontières, ainsi que les définitions, deviendront le but principal. Dans ces conditions, la lutte pour les droits humains risquera de passer au second plan, voire de devenir insignifiante. C’est à mon avis ce qui s’est passé dans le mouvement intersexe aux États-Unis ; la définition exacte de l’intersexuation, comment établir des frontières rigides entre les personnes IS, trans et autres, était devenue la préoccupation principale. Résultat, après une dizaine d’années de discussions et de débats : la définition retenue pour l’intersexuation - DSD (Désordre du développement sexuel) - est une définition plus pathologique et plus stigmatisante que celle que l’on avait au départ.

Le besoin de maintenir une identité statique représente pour moi le plus grave danger de tous ces mouvements identitaires. C’est pourquoi je crois qu'à long terme ils risquent de faire plus de mal que de bien, notamment en ce qui concerne la sexualité, qui par nature varie. La notion de race, également, varie, change en fonction des pressions socio-culturelles ; personnellement, j'ai connu le système d’apartheid racial, avec son maintien de l’ordre et les discriminations qui s’ensuivaient. Je refuse toute allégeance à une identité statique, tant raciale que sexuelle. Pour moi, s'y plier revient à limiter toute possibilité de développement et d’épanouissement, entrave le cheminement personnel.

Contre les Blackfaces sexistes
par Curtis E. Hinkle
© 2008

Vidéoclip sur les spectacles en blackface et les implications de cette marchandisation de stéréotypes
http://www.youtube.com/watch?v=1kc4EwD5hoA

Changer son corps ne change pas nécessairement l'identité de la personne. Cette notion est essentielle pour l'activisme intersexe. Si non, les opérations subies par les enfants intersexués seraient de plus en plus faciles à justifier.

Je veux parler un peu des dérives sexistes que je n'aime pas personnellement et je vois beaucoup de rapprochement entre ces dérives sexistes et les dérives racistes que l'on a vus aux États-Unis avec les spectacles en blackface.

Je vois souvent des convergences de lutte entre le racisme et le sexisme. En ce qui concerne les personnes intersexuées, victimes d'un système sexiste brutal qui nous vole nos corps et nos genres, il y a des risques de dérives sexistes de toutes sortes quand on essaye d'échapper à cette invisibilisation totale de notre existence en tant qu'êtres humains à part entière.

Ce fut le cas des esclaves noirs aussi. Il y avait des personnes qui se croyaient bien intentionnées qui sont responsables de graves dérives racistes qui n'aidaient pas les Noirs à mettre fin au racisme. Malheureusement, ces dérives racistes ont retardé leur libération des plantations dans le Sud et ces mêmes stéréotypes sont profondément enracinés dans la mentalité collective de la nation. Les images, les spectacles sont parfois extrêmement puissants et toute propagande se sert d'une iconographie comme support du message véhiculé car cela est efficace et plus immédiat et durable que les mots tous seuls.

Il faut noter que je parle spécifiquement du spectacle, de l'exhibitionnisme, de la prolifération d'une iconographie axée sur le corps freak et pas du tout des choix personnels des personnes intersexes ou leur manière de s'habiller ou d'accentuer ce qu'ils trouvent le plus positif dans leur propre apparence ou leur manière de vivre leur intersexualité. Je me limite exclusivement au spectacle et aux œuvres iconographiques et artistiques.

<< Des comédiens, le visage noirci à l'aide d'un bouchon brûlé ou blackface, ont commencé à faire leur apparition sur la scène américaine vers la fin du XVIIe siècle ; ils incarnaient habituellement des serviteurs dont le rôle n'était autre que d'apporter un intermède comique [1] dans lequel il s'agit, tout de même, de faire rire en singeant le "Noir des plantations". Il faut préciser que le terreau du ménestrel blackface n'est pas le Sud profond esclavagiste mais le Nord abolitionniste. >> [2]

On croit à tort que les spectacles en blackface ont leurs origines dans le Sud profond des Etats-Unis. << En 1922 encore se tenait sérieusement dans les pages du New York Herald un débat pour trancher si c'étaient les Noirs ou les Blancs qui étaient les meilleurs pour jouer les Noirs. Et il faut se souvenir que le ménestrel était né du climat anti-esclavagiste du Nord affranchi, dans la ville la plus sophistiquée et la plus cosmopolite d'Amérique. >> [3]

Les personnes qui commençaient à faire ces spectacles étaient des blancs qui voulaient aider les esclaves et leur idée des noirs étaient d'une personne gaie, serviable, gentille, musicale, etc. Ils ont commencé à faire des spectacles en "blackface" mais ce qu'ils ont fait c'était la marchandisation de stéréotypes et les acheteurs de leurs produits, c'était les blancs qui continuaient à contrôler le marché. Ensuite, les noirs eux-mêmes ont du faire des spectacles en blackface s'ils voulaient présenter leur talent à un public majoritairement blanc: une invisibilisation encore plus invisibilisante.

C'est pareil à mon avis quand une personne agrandit sa clito-bite, devient exhibitionniste et commence à parler des questions intersexes comme si sa clito-bite choisie et aggrandie avec l’aide de la testo a quelque chose à voir avec la problématique de l’intersexuation. C'est un stéréotype. La plupart des personnes intersexuées n'ont pas de clito-bites. Si une personne veut faire cela, je n'ai rien contre mais faire cela pour en faire un produit artistique ou faire de l’exhibitionnisme qui réduit l'image d'une personne intersexuée à une telle iconographie c'est à mon avis comme les personnes qui agrandissaient leurs lèvres et faisaient des spectacles en blackface. Ces personnes ne devenaient pas Noirs et l'exagération renforçait les stéréotypes et nous souffrons toujours des effets de cette propagande artistique.

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Shakki/Traduc

[2] D'Emett Miller à Eminem : Chanteurs blancs, coeurs noirs ?
http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=4460

[3] Blackface :au confluent des voix mortes par Nick Tosches p. 19
Éditions Allia, Paris, 2003.



DSD: North American Medical fascism and manufacturing consent
By Curtis E. Hinkle
Founder, Organisation Intersex International

One of the most important questions to ask concerning the controversy surrounding the term “DSD”, Disorders of sex development, as a replacement for intersex is a simple one.  Why do we need to have a name at all?  Why do we need to have a diagnosis at all?  Other important questions include who is naming us and for what reasons?  Does this have anything to do with us at all? Should it even concern us? 

In the last several years, many people who are not intersexed have been working to come up with a new term to replace the term “intersex”?  It is interesting that we in OII have found almost no intersex people that were actively involved in this search for a new term.  We have found almost no intersex people who had previously been writing articles and scientific justifications for replacing the term intersex with the term “Disorders of Sex Development”.  We therefore conclude that the search for a new term was something of intense importance to people who are not intersexed but of little or no importance to intersexed people themselves.  The only exception that I can document is Cheryl Chase, the one intersexed person who co-authored the following article with Alice Dreger and Dreger’s husband, Dr. Aron Sousa.

“Changing the Nomenclature/Taxonomy for Intersex: A Scientific and Clinical Rationale”, Alice Dreger et al, Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, 18. (729-733 (2005).

http://www.medhelp.org/ais/PDFs/Dreger-Nomenclature-2005.pdf

In this article, the authors propose replacing the term hermaphrodite and the 5-sex system which divides humans into females, males, true hermaphrodite, male pseudohermaphrodite and female pseudohermaphrodite with the term “disorders of sex differentiation” (later changed to disorders of sex development) because this would work better in a medical context.  What is so problematic about this article which was seminal in the shift from intersex to DSD is that there is no challenge to the assumption that intersex variations need to have a medically accurate name at all.  The whole article is based on the assumption that sex variations are indeed pathological and require treatment.  However, the article gives no proof at all for such an assumption and that is the serious contradiction in the arguments put forward in the article.  Any serious medical conditions that a person who is not standard male or female has are exactly the same medical conditions that standard males and females have.  The more important question would have been to focus on medical conditions that actually do affect people who are intersex and explain how these might require slightly different medical treatments than in a person who is not intersexed.  However, this article assumes that one’s sex variation is the disease to be treated and never challenges that assumption and it concludes by suggesting that one approach would be to use etiology-based diagnoses. (1)

For years both Dreger and Chase stressed that intersex was not a pathological condition but a biological variation. “Intersex is a socially constructed category that reflects real biological variation.” (2)  If this is so, it is also obvious that the shape and size of one’s nose is also a biological variation just as the size and shape of one’s clitoris.  If a person wishes to change the size and shape of one’s nose, that is available to them and there are surgeons who will do these operations for them.  There is no group I am aware of that is coming up with an umbrella term to include all nose variations in the population which would make all these variations a medical pathology and which could justify changing the shape of noses without the consent of the person with the nose.  Parents can still have cosmetic surgery on a child’s nose if they feel it will prevent their child from functioning well in society.  There could be an argument made that nose shape and size could be more stigmatizing than the size of one’s clitoris or penis because we usually present ourselves in public with our noses exposed.

Despite the good intentions that are expressed in this article, the medical emergency that intersex supposedly represents is what is the focus for justifying the change of the terminology.  In this article, the emergency now is coming up with a medical diagnosis which will classify all variations of sex development so that people with this “medical emergency” can get better treatment.  But shouldn’t the more basic question be to ask why this is being treated at all?  That is not the case.

Dreger’s article  promotes the use of the old-time medical phrase “disorders of sexual differentiation" (later changed to “development”) – using the straw man of “hermaphroditism” as if it were the word being replaced (instead of intersex being the word they wanted to replace):

In conclusion, we suggest the language of ‘hermaphroditism’ and ‘pseudohermaphroditism’ be abandoned. One possible alternative . . . is to use instead . . . the umbrella term “disorders of sexual differentiation”. Such an approach would have the salutary effects of improving patient and physician understanding and reducing the biases that are inherent in the use of the current language of ‘hermaphroditism’. – Dreger et al.

That old medical terminology had been adopted in 2003 in the mission statement of "The Network on Psychosexual Differentiation" and the Johns Hopkins. It was that NICHD group of researchers, funded by NIH, who are behind the Northwestern/Penn State DSD Consortium that had hired Dreger:

http://nichdnet.psych.psu.edu/
http://nichdnet.psych.psu.edu/aims.html

It would appear that the Johns Hopkins Medical University (responsible for all the traumatizing experiments on intersex children by Dr. John Money and the theories he developed which continue to justify irreversible sex assignment surgeries) has a vested interest in protecting itself from the possible litigation that could have been directed against them and it was the Johns Hopkins Medical University which started using the "disorder" terminology even before the NICHD.  It is also interesting to note that the author and central figure in this shift in terminology, Alice Dreger, is the associate editor of one of the official publications of the Johns Hopkins University Press. (3)

There seems to be a conflict of interest on Dreger’s part.  And if you read her articles closely this conflict of interest will become more and more evident.  What appears at first to be a move towards depathologizing intersex starts being seen for what it really is – a way of pinning down intersex and ALL variations of sex differentiation as an illness.

In a recent lecture at the Kinsey Institute that Alice Dreger entitled: "No Matter How You Slice It? Parsing Intersex", Dreger stated:

“A couple of people at my Kinsey talk pressed me about the terminology and asked me to work more on trying to find a new, better term. What about, for example, "variations of sex development," as some have suggested? Honestly, I don't see that term flying in the medical system; I've asked about it, and it doesn't go anywhere. Part of the reasonable fear among medical professionals is over-de-pathologizing sex anomalies. . .” (4)

Sophie Siedleberg responded to Dreger's pathological defense: "Reasonable fear of de-pathologizing sex anomalies? Like what is that supposed to mean? That doctors are upset because some people object to terminology that in law allows the doctors to slice, dice and rotate children on a spit or something?" (5)

Is there a need for name for sex variations at all?  Many people will not feel there is and feel comfortable with the terms male and female but to others the term intersex appears helpful and has been working well for many of us.  It is to be noted that no one is imposing this term on anyone.  It is not a legally imposed sex and intersex activists are not working to impose this term on people in a medical context either.  Nothing could be further from the truth.  People born with sex variations are free to consult doctors for problems which affect their health but does that give them the right to work to impose medically defined pathologies on all people who are born with sex variations who see their body as a natural variation, not a medical emergency?  The fact is that there are almost no intersex people involved in doing this.  It is people like Dreger who is not intersex and medical doctors and parents who are behind this and we should hold them accountable and ask them why they want to humiliate us and pathologize us.


Footnotes:

1. Page 733.  “Changing the Nomenclature/Taxonomy for Intersex: A Scientific and Clinical Rationale”, Alice Dreger et al, Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, 18. (729-733 (2005).
2. What is intersex? http://www.isna.org/faq/what_is_intersex
3. According to the official site for the journal Perspectives in Biology and Medicine, the Associate Editors are Alan N. Schechter and Alice D. Dreger.
http://www.press.jhu.edu/journals/perspectives_in_biology_and_medicine/editorial.html
(4) Dreger, Alice. Why “Disorders of Sex Development”?  (On Language and Life)
http://www.alicedreger.com/dsd.html
(5) Siedlberg, Sophia. Treestumps and Broomsticks. http://www.intersexualite.org/Siedlberg.html#anchor_12


DSD: Le fascisme médical nord-américain et la fabrication du consentement
par Curtis E. Hinkle

Une des questions les plus importantes concernant la controverse soulevée par le remplacement du terme « intersex » en anglais par le terme DSD (Trouble de développement sexuel) est très simple.   Quel besoin avons-nous de changer d’appellation ? Une autre question  vient alors immédiatement à l’esprit :  à quoi cela sert-il d’avoir un diagnostic fourre-tout qui prétend concentrer toutes les variations sexuelles ?. Est-ce nécessaire et, si oui, pourquoi ?  Autres questions importantes : qui sont les personnes qui ont recommandé ce changement et dans quel   but ?  Est-ce que cela nous concerne ?

L’Organisation Internationale des Intersexes déplore cette mesure arbitraire et inutile qui consiste à vouloir remplacer le mot « intersexué ». La seule personne intersexuée qui recommandait ce changement de terminologie était Cheryl Chase, la fondatrice de l’ISNA, Intersex Society of North America.  Le plus important article en faveur de ce changement se trouvait dans un journal médical américain : le Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, co-écrit  en 2005 par Alice Dreger, une personne non-intersexuée,  son mari, Aron Sousa, qui lui est pédiatre, et Cheryl Chase. 

"Changing the Nomenclature/Taxonomy for Intersex: A Scientific and Clinical Rationale", Alice Dreger et al, Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, 18. (729-733 (2005).

http://www.medhelp.org/ais/PDFs/Dreger-Nomenclature-2005.pdf

Dans cet article, les auteurs proposent de remplacer le terme « hermaphrodite » et les cinq catégories sexuelles qui en découlent - sexe féminin, sexe masculin, hermaphrodite vrai, pseudo-hermaphrodite masculin et pseudo-hermaphrodite féminin - par le terme « disorders of sex development » ou troubles du développement sexuel parce que, selon eux, cela fonctionne mieux dans un contexte médical. Le grand défaut de l’analyse des auteurs de cet article est le fait qu’on ne remet jamais en question la supposition que l’intersexualité  soit une pathologie qui nécessite un diagnostic précis.  L'article entier est basé sur la supposition que les variations sexuelles sont en effet pathologiques et exigent un traitement médical. Cependant, les auteurs ne donnent aucune preuve d’une telle affirmation  et ce  postulat erroné embrouille et obscurcit tous les arguments avancés dans l'article.    Dans la mesure où nos corps ne sont pas si différents des corps des autres personnes et si l’on souhaite vraiment améliorer les soins de santé pour les personnes intersexuées, pourquoi ces auteurs n’ont-ils pas jugé bon d’écrire une étude sur les maladies qui nous affectent plus que les autres ?  Le bon sens voudrait que l’on traite les maladies en question et non pas le sexe des personnes concernées.  Les auteurs font le contraire dans cet article car ils tentent de mettre en évidence que c’est la variation sexuelle qui est en soi une maladie. Selon eux, c’est elle qui doit être traitée et ils concluent qu’il serait préférable  que chaque personne intersexuée puisse bénéficier d’un diagnostic basé sur l’étiologie de son  « trouble » (« disorder »). (1)

Pendant des années Alice Dreger et Cheryl Chase ont soutenu l’idée que l’intersexualité était une variation biologique, pas une condition pathologique.  Sur le site de l’ISNA on lit : "L'intersexualité est une catégorie socialement construite qui reflète la variation biologique réelle." (2) Si c'est ainsi, il est aussi évident que la forme et la taille du nez sont aussi une variation biologique de même que la taille et la forme du clitoris. Si on veut changer la taille et la forme de son nez, on est libre de prendre cette décision. Les traitements sont disponibles et il y a des chirurgiens qui font ces opérations. Il n'y a aucun groupe que je connais qui veuille inventer un diagnostic fourre-tout qui inclut toutes les variations « anormales » des nez pour que celles-ci deviennent une nouvelle pathologie médicale afin de justifier les traitements et chirurgies sur les nez des enfants sans leur consentement. Les parents ont recours à la chirurgie esthétique et peuvent faire opérer le nez de leur enfant s'ils peuvent convaincre les médecins que sans cette opération leur enfant souffrirait et ne serait pas bien dans sa peau.  On pourrait même argumenter que la forme et la taille du nez puissent être plus stigmatisantes que la taille et la forme des organes génitaux car d’habitude nous sortons à visage découvert. 

Malgré les bonnes intentions des auteurs de cet article, l’intersexuation est toujours considérée comme une « urgence médicale » et cet article donne l’impression que nous nous trouvons face à une autre urgence socio-médicale : le besoin d’un nouveau terme qui soit plus précis d’un point de vu génétique et médical afin d’améliorer les traitements. Mais ne devrait-on pas déjà remettre en question l’idée que c’est l’intersexualité elle-même qui nécessite des traitements ?

L'article de Dreger promeut l'utilisation d’une terminologie médicale désuète en anglais depuis les années 1950 "les désordres de différentiation sexuelle" (puis « développement sexuel ») – en se servant de la technique de l'homme de paille dans ses arguments.  Elle avait annoncé sur son site et sur le site de l’ISNA (qu’elle a contrôlé pendant des années) son intention d’éliminer le terme « hermaphrodisme » sans jamais avouer que c’était en fait le terme « intersex » dont elle  désirait  se débarrasser, au prétexte que ce terme n’est pas précis d’un point de vue médical. 

In conclusion, we suggest the language of 'hermaphroditism' and 'pseudo-hermaphroditism' be abandoned. One possible alternative . . . is to use instead . . . the umbrella term "disorders of sexual differentiation". Such an approach would have the salutary effects of improving patient and physician understanding and reducing the biases that are inherent in the use of the current language of 'hermaphroditism'. - Dreger et al.

Pour conclure, nous suggérons que les termes 'hermaphroditisme' et 'pseudo-hermaphroditisme' soient abandonnés. Une alternative possible... on pourrait employer au lieu de cela... le terme fourre-tout "les désordres de différentiation sexuelle". Une telle approche aurait un effet salutaire et pour le patient et le médecin et réduirait des préjugés qui sont inhérents à l'utilisation de la terminologie actuelle de 'l’hermaphroditisme'. - Dreger et al.

Cette terminologie médicale désuète avait été adoptée en 2003 par l’agence fédérale des Etats-Unis sur les tares génétiques (NICHD) et un de leurs bureaux qui étudient les comportements « pervertis » et « anormaux », "The Network on Psychosexual Differentiation" (le réseau sur les questions de différentiation psychosexuelle).  Avant cela, c’était l’Université Johns Hopkins, la même université qui défendait les expériences traumatisantes de Dr. John Money et qui soutenait sa théorie sur l’identité de genre (théorie qui continue à justifier les assignations de sexe sans le consentement de l’enfant) qui suggérait cette nouvelle terminologie.  Ce sont ces deux institutions qui ont financé et embauché Alice Dreger qui est devenue la directrice du Consortium sur les DSD.

On sait que depuis des années que l’Université Johns Hopkins fait tout pour éviter des poursuites judiciaires de la part des victimes, indignées par les  frauduleuses expériences scientifiques de John Money (expériences qui ont été dénoncées par Dr. Milton Diamond). (3)  Pour cette université médicale, l’emploi d’un nouveau terme est une urgence car il pourrait permettre de justifier toutes ces expériences pratiquées sans le consentement des enfants.  Il est aussi intéressant de savoir qu’Alice Dreger est une des rédactrices d’une de leurs publications officielles. (4) Il devient alors évident que cette activiste de l’intersexualité, qui n'est elle-même pas intersexuée, doit faire face à un conflit d’intérêts.

A-t-on vraiment besoin d’un nouveau nom pour les variations sexuelles ?  Il y a beaucoup de personnes intersexuées qui diront que non et elles se sentent parfaitement à l’aise avec les deux catégories « sexe féminin » ou « sexe masculin ». Pour beaucoup d’entre nous, le mot « intersex » en anglais a été un facteur essentiel pour notre développement personnel et notre propre lutte pour les droits humains.  Pas plus que certaines personnes qui sont convaincues que leur intersexuation est une maladie, il n’y a pas de militant intersexué qui milite en faveur de l’imposition  de ce terme.  Au contraire.  Si toute personne intersexuée peut consulter un médecin afin de se faire soigner (comme toute autre personne d’ailleurs car les maladies ne sont pas spécifiques), il est aberrant de vouloir imposer un diagnostic fourre-tout à toutes les personnes intersexuées y compris celles qui trouvent que leur intersexuation est une variation naturelle.  Mais ce triste état de fait s’explique si l’on prend conscience que cela est le fruit des réflexions et des calculs de personnes non intersexuées. Ce sont les personnes comme Dreger (non intersexuée), les médecins et certains parents qui sont en faveur de ce changement de terminologie, qui font peser d’inquiétantes et graves conséquences sur les protocoles et les traitements des personnes intersexuées ; en particulier concernant les enfants.  Nous devons les tenir responsables de leurs actes et réagir afin de mettre fin à l’humiliation et la pathologisation.

Notes:

1. Page 733.  "Changing the Nomenclature/Taxonomy for Intersex: A Scientific and Clinical Rationale", Alice Dreger et al, Journal of Pediatric Endocrinology & Metabolism, 18. (729-733 (2005).
2. What is intersex? (Qu’est que c’est que l’intersexuation ?) http://www.isna.org/faq/what_is_intersex
3. L’histoire de John/Joan fut connue du public par un article de John Colapinto dans "The rolling stones", publié le 11 décembre 1997. Il était intitulé "The True Story of John/Joan". Voici un extrait de la dernière page de cet article:
"[…] Son histoire a secoué jusqu’aux fondations de l’édifice construit sur les théories de John Money dans les années 50. Il a mis en évidence une faiblesse centrale dans une théorie qui a perduré durant l’essentiel du 20ème siècle. C’est Sigmund Freud qui, le premier, a affirmé que le développement harmonieux d’un enfant en tant que garçon ou en tant que fille dépendait essentiellement de la présence ou de l’absence du pénis – notion centrale dans la théorie de Money du développement sexuel. C’est pour cette raison que John Thiessen a été transformé en femme. C’est une notion qui, aujourd’hui est aussi remise en question par les recherches en neurobiologies. Elles amènent les scientifiques à penser que, comme le Dr. Reiner le dit, 'l’organe sexuel le plus important n’est pas les organes génitaux, c’est le cerveau' […]"
4. Selon le site officiel du journal médical Perspectives in Biology and Medicine, les deux rédacteurs de cette publication du John Hopkins University Press sont Alan N. Schechter and Alice D. Dreger.
http://www.press.jhu.edu/journals/perspectives_in_biology_and_medicine/editorial.html


DSD (Disorders of sex development): a sexist, classist ideology based on eugenics

A brief exposé by Curtis E. Hinkle
March 9, 2008
© 2008

1) What is sexism?
2) What is eugenics?
3) Who controls the definitions?
4) Who is fit to be born?
5) Is our sex a disorder?


1) What is sexism?

Sexism can be considered from different perspectives, both intricately related one to the other, one based on discrimination itself and the other on the division of all humans into legal sex categories which is the fundamental tool used to perpetuate and justify the discrimination.

Discrimination against people which is based on their sex assignment as male or female, instead of their individual merits, is sexist. This discrimination is so prevalent in our societies that it appears natural because we assume that the underlying binary division of all people into male and female is also natural, but it is not.  Intersex people prove that it is not and it can be argued rather convincingly that the erasure of intersex as a natural sex variation is a result of the basic sexism which is considered normal in our society. Unfortunately, sexism is "normal" because there are medical and legal norms which justify this sexism.  However, the fact that it is "normal" does not mean it is natural.

The most basic form of sexism is the biological essentialism (1) which is used to divide all humanity into just two legal categories - male and female with all deviations defined as pathological and in need of medical intervention to "correct" their sex.  There would be no reason to justify this division of all humanity legally and medically into just two categories (2) if we felt there were no fundamental differences between these two categories and there would be no need to pathologize all intersex people as disorders of sex development if this unnatural division of all humanity as male or female were not politically motivated. (3)

2) What is eugenics?

"Eugenics is the study of or belief in the possibility of improving the qualities of the human species or a human population, esp. by such means as discouraging reproduction by persons having genetic defects or presumed to have inheritable undesirable traits (negative eugenics) or encouraging reproduction by persons presumed to have inheritable desirable traits (positive eugenics)."
Based on the Random House Unabridged Dictionary, (c) Random House, Inc. 2006.
http://dictionary.reference.com/browse/eugenics

Eugenics has a very tragic, racist, classist history. (4)  The nature of eugenics makes it a political ideology based on definitions of people which divide humanity into those who are fit and those who are unfit.  The basic problem is that those who control the definitions are those who have political supremacy over disenfranchised populations.  Denying the racist, sexist and classist history of eugenics is dangerous if one honestly wants to understand the political motivations behind eugenic movements.

In the 20th Century, abortion has been introduced as a tool for eugenic movements.  This is very problematic because the conflation of women's rights with eugenics often obscures the underlying racism, sexism and classism involved in the justification of abortion as a eugenic tool.  Both sides of this debate overlook the serious dangers and inequalities of women as a class.  The pro-choice debate does not emphasize the lack of most women in the world to make a real choice because they are deprived of that power even when abortion is provided
and this can often lead to the elimination of female fetuses.  The pro-life debate fails to recognize the need for women to control their own bodies and have the right over reproductive decisions concerning their bodies.

Instead of dealing with the serious oppression of people based on race, sex and class, upper middle-class pro-choice models of abortion as the model for feminism assumes that women who are lacking almost all control of their reproductive rights can benefit from such a model.  What can often happen is the choice to eliminate females and all deviations from male and female with only male births being favored. (5)


3) Who controls the definitions?

Those in charge of the definitions which determine who are male and female and whose sex is a genetic defect is a group of predominantly, Euro-centric male medical experts: the Lawson Wilkins Pediatrics Endocrine Society along with Eric Vilain and Alice Dreger both associated with the Intersex Society of North America (ISNA).  This is the group which is responsible for the Chicago Consensus Statement on Management of Intersex Disorders which redefined intersex as a genetic defect and recommended the new "disorder" terminology with "intersex" being replaced by "disorders of sex development". (6)

This same group published the following consensus statement on CAH which recommends surgery on intersex infants between 2 and 6 months of age:
Consensus Statement on 21-Hydroxylase Deficiency from The Lawson Wilkins Pediatric Endocrine Society and The European Society for Paediatric Endocrinology (Joint LWPES/ESPE CAH Working Group)
http://jcem.endojournals.org/cgi/content/full/87/9/4048

4) Who is fit to be born?

Those who are closest to the ones who control the definitions.  Let's be honest and stop trying to justify racism, sexism and this abuse of power over us just because those in charge of the definitions are powerful and have great influence around the world.  We are not fit to be born because we do not look like them; we do not act like them and we are a threat to their two-sex system which keeps them in a privileged position.  They are "fit" simply because they control the definitions of who is fit.

5) Is our sex, that is intersex, a disorder?

We in OII firmly reject the idea that our sex is a disorder and we therefore reject the pathological definition of our sex as a "disorder of sex development" or DSD.  The real danger and disorders are the racism and sexism which are developing eugenic ideologies and technologies to deal with what are social problems.  Instead of empowering and valuing sex variations, the solution is to eliminate us.

Open discussions about the abuse of power by those who control the definitions is one important way to confront the real problem - eugenics, Euro-centric racism and male patriarchal models of power which are at risk of collapse if the current binary male/female dichotomies are not firmly held as sacrosanct.

We in OII do not accept the current male/female binary categories imposed on all people in most countries as sacrosanct and hope that others will help us confront the political agenda of those who would eliminate us.


Footnotes:
(1) "Biological Essentialism:  Biological essentialism refers to the idea that men and women are intrinsically different due to some internal essence.  Biological essentialists argue that men and women are distinct from one another and that they are opposites.  They claim that gender differences aren’t really differences in gender but that they reflect a biologically based difference that is consistent across cultures.  Furthermore, biological essentialists stipulate that there is no variation in the expression of biologically essential characteristics."
http://www.geocities.com/CollegePark/Bookstore/2603/NEW261Y_Definitions.html

(2) Project 1-0-1 intersex
http://www.101intersex.de/index.php?=SID&sprache=En

(3) RACISM and SEXISM: A COLLECTIVE STRUGGLE: A MINORITY WOMAN'S POINT OF VIEW By Valerie Russell
http://scriptorium.lib.duke.edu/wlm/racesex/

(4) Brief history of eugenics: http://en.wikipedia.org/wiki/Eugenics#History

(5) What Is Gendercide?  http://www.gendercide.org/

(6) Alice Dreger and some other women who have great privilege within the two-sex system have played a prominent role in pathologizing sex variations.  For more information:  click here


Sex versus Gender
Exposing medical violence and dishonesty
by Curtis E. Hinkle
March 29, 2008

Medical specialists complicate and erase intersex experience and visibility by insisting that sex is a biological fact and gender a social construct.

The first harm done to many intersexed infants is what is called "assigning a gender". In other words, the intersexed child is actually being assigned a "gender identity" (not a sex because the sex is considered to be "ambiguous").  However, the same specialists write that there is no clear understanding of how a child develops a "gender identity".  Then after having assigned a "gender identity" to the intersexed child, the specialists choose the sex corresponding to the "gender identity" assigned and that is what they put as the sex on the birth certificate and other documents.  If the medical specialists were logical in their use of the terms "sex" and "gender" (but this is illogical and that is why I do not accept that sex and gender are two distinct categories in a linguistic sense), they would refuse to put a "gender identity" on a birth certificate as the sex of the infant but that is precisely what they do.  Therefore, the birth certificate of an intersexed child does not state the sex of the child; it is the child's "gender identity" as determined by the experts, not the children themselves.

Then all during their lives, people are concerned about the "gender identity" of the individual.  It can become exasperating because each little difference detected can become enormously important and exaggerated as a sign of non-conformity to the gender identity imposed by the experts.

Then when one consults a physician, "gender identity" issues can become the focus rather than the real health problems that need to be attended to because we are perceived within a bi-gendered lens and if one does not agree with the "gender identity" discourse, then one is made to feel the problem is in our mind, not the mind of the physicians.

How many hours have been lost discussing gender issues with doctors instead of getting actual health care?  How many times have we had to explain we are not in the doctor's office to talk about our identity but because our feet hurt, for example?

Navigating all this dishonest discourse throughout one's life saps one's energy and has done little if anything to improve the lives of intersexed children and adults.

If one asks the specialists what a "gender identity" is, one is often given a definition such as this:

Gender identity is a person's own sense of identification as male or female.

If gender identity is a person's own sense of identification, how can these same specialists justify assigning a "gender identity" to an intersexed child?   How can these specialists predict the future and know the "person's own sense of identification"?  One reads in their own protocols that they cannot predict someone's personal sense of identification as male or female.  This is not scientific.  This is dishonest.  It is a hoax.

We are told that gender is social and that sex is biological.  Then we are told that our sex (that is our legal sex classification) is really our "gender identity" which many of these same specialists state is not biological.  Therefore, if "gender identity" is not a biological fact, why use this concept in place of the sex of the child on their birth certificate?  This is because birth certificates which state the sex of an individual are using that term in a way which has redefined sex as a "gender identity", which proves that competence within biology is not what is being applied.  This is a social exercise, a social construct.  It is not about biology.