Une deuxième chance pour Alex: le droit d’affirmer sa propre identité sexuelle accordé à un jeune homme
Par Rachel Heath
Publié mardi le 27 avril 2004
Definition and Synopsis of the Etiology of Adult Gender Identity Disorder...
It discusses some aspects of brain differences in males and females, among other things making this statement:
Australian researchers have begun a world-first study of the DNA of transsexuals to search for genes that influence whether a person feels male or female.
En générale, on prend pour acquit qu’on est de sexe féminin ou de sexe masculin. Même si on préfère ne jamais montrer ses organes génitaux aux autres, notre famille et nos amies savent si on est mâle ou femelle par notre apparence, nos particularités, nos préférences et par notre voix. Si un étranger, tel qu’un employeur ou un préposé des douanes, nous demandent la preuve de notre sexe légal, on leur montre tout simplement notre certificat de naissance. L’identification de notre sexe légal est aussi simple que cela!
On croit souvent à tort que le cerveau n’est pas notre organe le plus sexy et pourtant le cerveau est de loin justement cela. Il contient une grande quantité de structures qui sont étroitement liées les unes aux autres et de façon différente selon le sexe de l’individu. Ces différences se manifestent nettement dans nos comportements et dans les structures du cerveau qu’on peut observer par traitement d'images de résonance magnétique ou par des dissections faites pendant une autopsie. Le sexe du cerveau est quelque chose de bon pour nous, malgré sa complexité et notre incapacité de le comprendre. Le sexe du cerveau nous permet d’envisager une plus grande diversité d’identités et de comportements sexuels que le simple regard des organes génitaux. En particulier, on pourrait envisager la possibilité qu’une personne née avec des organes génitaux de sexe féminin puisse posséder un cerveau de sexe masculin. Ou on s’adapte d’une manière ou d’une autre à cette divergence ou, on peut faire quelque chose, comme Alex, le jeune homme de 13 ans qui est de sexe féminin si on se rapporte seulement à son appareil reproducteur, qui a été accordé le droit de vivre légalement en tant que mâle, afin d’éviter l’angoisse traumatisante et périlleuse qu’il devrait endurer autrement.
Les personnes comme Alex éprouvent une discordance entre le sexe de leur corps et le sexe de leur cerveau. En d’autres termes, ils sont intersexués. On parle aussi de conditions intersexuelles dans les cas où un enfant est né avec des organes génitaux ambigus et dans les cas où une personne souffre d’une anomalie physiologique qui l’empêche de fonctionner normalement en tant que mâle ou femelle. Les adultes avec la même condition qu’Alex ont recours aux soins médicaux pour les aider à faire face à leur dysphorie de genre. Selon le protocole médical reconnu internationalement, de telles personnes doivent consulter un psychothérapeute pendant au moins trois mois, suivi inévitablement par une thérapie hormonale en partie irréversible. Pendant la thérapie hormonale, ils sont obligés de vivre pendant environ deux ans dans le rôle de leur vraie identité sexuelle, par exemple, en tant qu’hommes, s’ils sont génétiquement de sexe féminin. Après avoir fait ce parcours dans la vie réelle et deux rapports psychiatriques indépendants, le candidat peut subir une opération de réassignement de sexe afin de remplacer ses organes génitaux de sexe féminin par leurs équivalents de sexe masculin et de revendiquer leur vraie identité sexuelle. Pour un adulte mâle, cette procédure est le plus souvent précédé par l’enlèvement des seins, des ovaires et de l’utérus.
Vous trouverez un compte-rendu détaillé des soins pour enfants et adolescents transsexuels dans le livre de Cohen-Kettenis et Pfäfflin intitulé Transgenderism and intersexuality in childhood and adolescence: Making Choices paru en 2003. Ce groupe hollandais et une clinique dirigée par DiCeglie à Londres ont eu le plus d’expérience avec le traitement des jeunes comme Alex. Le protocole médical nécessite une évaluation psychologique minutieuse de la dysphorie de genre de l’enfant et le désarroi qui y est associé, avec entretiens avec les parents ou le tuteur et autres membres de la famille. Bien que la thérapie psychosociale puisse aider quelques enfants à faire face à leurs problèmes de genre, il n’y a aucune preuve que la modification aversive du comportement puisse guérir la dysphorie de genre. Tout changement de comportement forcé contraire à la déontologie s’avère éphémère. Le problème sous-jacent n’est pas affecté.
Les procédures autorisées par le juge Nicholson dans l’affaire d’Alex sont en accord avec celles adoptées par les cliniques en Hollande et en Angleterre. Puisque les changements de caractéristiques sexuelles secondaires à la puberté sont particulièrement traumatisantes pour les jeunes souffrant d’une dysphorie de genre très grave, le traitement recommandé comprend une thérapie hormonale dilatoire. Plus tard, on proposera une hormonothérapie de substitution à la testostérone pour entamer le développement de caractéristiques sexuelles secondaires de sexe masculin, comme la croissance des poils, une mue de la voix, et une croissance musculaire. La vie d’Alex sera beaucoup plus facile parce qu’une thérapie hormonale dilatoire à ce stade de son développement préviendra la nécessité d’une mastectomie plus tard. Une fois adulte, «Alex» pourra être envoyé en consultation chez un chirurgien afin de lui permettre un certain degré de sexualisation masculine lui permettant d’uriner debout. Un désir de reprendre une identité féminine après la chirurgie est très rare, présent dans seulement 3 pour cent des cas. Ce degré de satisfaction postopératoire dépasse celle pour d’autres interventions chirurgicales beaucoup plus répandues, comme une mastectomie pour celles qui souffrent d’un cancer et la castration pour ceux qui souffrent d’un cancer de la prostate.
Ces procédures sont accompagnées d’aide psychosociale tout au long du traitement médical. Si Alex change d’avis à n’importe quel moment avant d’entamer une hormonothérapie de substitution à la testostérone, il peut reprendre son identité sexuelle féminine simplement en arrêtant la thérapie hormonale dilatoire. Cette stratégie s’avère la plus judicieuse pour assurer un minimum d’effets nocifs et la possibilité d’une maximalisation d’options avantageuses pour un garçon comme Alex. Cette approche éclairée se conforme aux normes les plus rigoureuses déontologiques, mais d’autres personnes qui ignorent la situation désespérée d’Alex pourraient s’inquiéter mais sans connaître le résultat de ces interventions médicales autorisées.
Souvent, on croit à tort que les jeunes comme Alex sont lesbiennes seulement à cause de leur attirance pour les femmes. Néanmoins, une lesbienne a une attirance pour les femmes en tant que partenaires de même sexe, tandis que les jeunes comme Alex aspirent à une relation hétérosexuelle avec les femmes, ce qui souligne la différence entre l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle, l’une étant une question du sexe du cerveau et l’autre le comportement qui en découle. Nos sociétés ont très besoins d’une sensibilisation sur la complexité énorme en ce qui concerne la sexualité humaine et les questions de genre. Personne ne devrait subir un supplice comme Alex à cause de l’ignorance et de l’intolérance d’autrui.
La lettre de l’Organisation Internationale des Intersexués aux députés du parlement et au Premier Ministre
Honorable Members of the Australian Government:
We the undersigned, Joëlle-Circé Laramée and I, are writing on behalf of the Organisation Internationale des Intersexués (http://www.intersexualite.org) to express our concern about the young transsexed boy Alex.
It is our understanding that certain legal judgments in Australia have classed transsexuality as an intersexed condition. If this is so, we are requesting that Alex be given access to all medical care that will assist him in living as the young man that he is. To subject this young man to further mutilation of his sexual identity is, in our opinion, a very serious human rights violation.
We are, therefore, as an international organization which campaigns in favor of human rights for the intersexed, imploring you to respect this young man and to treat him with the dignity that all people, with or without intersexed conditions, should be accorded.
Respectfully,
Joëlle-Circé Laramée, Vice-présidente de l’OII
Curtis E. Hinkle, Président de l’OII
Monsieur le Premier Ministre:
Chèr(e)s Député(e)s du Parlement:
Nous, soussignés, Joëlle-Circé Laramée et moi, vous écirvons de la part de l’Organisation Internationale des Intersexués (http://www.intersexualite.org) pour vous faire part de notre inquiétude à propos du jeune homme transsexué de 13 ans, Alex.
Nous avions compris que les tribunaux de votre pays ont déjà ordonné que la transsexualité soit une condition intersexuelle. Si c’est le cas, nous vous demandons d’aider Alex en lui donnant accès aux soins médicaux accordés aux autres intersexués pour qu’il puisse vivre comme le garçon qu’il est. Si le gouvernement australien continue de faire subir une mutilation de l’identité sexuelle à ce jeune homme, nous sommes d’avis que c’est une grave atteinte aux Droits de l’Homme.
Par conséquent, en tant qu’organisation internationale qui milite en faveur des droits humains pour les personnes nées avec une condition intersexuelle, nous vous implorons de respecter ce jeune homme et de le traiter avec la dignité qu’on devrait accorder à toute personne, intersexuée ou non.
Nous vous prions de croire à nos sentiments les plus distingués,
Joëlle-Circé Laramée, Vice-présidente de l’OII
Curtis E. Hinkle, Président de l’OII
Mâle, Femelle ne sont pas si faciles à définir.
Par Eric Vilain.
C'était le moment de vérité, le dernier test avant le couronnement. Un diacre étendait sa main sous la robe et vérifiait la présence de deux testicules. La légende du Moyen age veut que ce rite soit créé après que Joan, une femme Anglaise et une transvestie se soit débrouillée pour être Pape en 855 mais fut découverte deux ans plus tard a cause d'une naissance d'enfant inopportune.
Allons-nous bientôt être témoins d'aussi étranges examens dans nos administrations municipales. Après tout, si la constitution autorise seulement les mariages entre un homme et une femme, les fonctionnaires du comté feraient mieux de s'assurer qu'ils délivrent légalement des certificats de publication des bans. Tâter les deux organes mâles assurerait une certitude absolue sur l'identification du sexe. Vraiment?
En réalité le sexe n'est pas aussi simple. Prenons les testicules comme une caractéristique restrictive d'un homme. Les hommes avec seulement une testicule sont-ils de vrais hommes ? la règle des "deux testicules" disqualifierait environ 3 pour cent des mâles nouveaux nés par an – environ 4,5 millions d'américains au total. Avons-nous besoin de produire du sperme actif ou des œufs pour être considérés comme un homme ou une femme? Ajouter un critère de fertilité éliminerait des millions de plus de chaque catégorie.
Si les idées reçues ne peuvent facilement définir les hommes et les femmes par un simple coup d'œil aux parties intimes, la science devrait nous aider à faire la distinction entre les deux sexes. Depuis 1921, on sait que les femmes ont deux chromosomes X et les hommes un Chromosome X et un Chromosome Y. C'est la distinction génétique fondamentale entre homme et femme.
Mais encore, il a été difficile de trouver des réponses précises. Les officiels des Jeux Olympiques ont eu des difficultés avec la science "d'attribuer un sexe" aux individus pendant beaucoup d'années – souvent à la suite de cas célèbres de confusion des genres. Aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936, la coureuse Américaine Helen Stephens bat la coureuse Polonaise Stella Walsh au sprint des 100 mètres, gagnant une médaille d'or et battant le record de Walsh de 1932. La presse Polonaise accusa faussement Stephens d'être un homme. Ironiquement, après que Walsh fut tuée dans un vol datant de 1980, son autopsie révéla un appareil génital masculin. Erica Schinneger, qui remporta le titre mondial de descente à ski pour l'Autriche en 1966, fut découverte chromosomiquement mâle deux ans plus tard et en tant que telle disqualifiée des Olympiades. Son cas contraignit le Comité Olympique d'exiger de tout athlète de passer un test comptant le nombre de chromosomes X.
En 1990, des scientifiques ont appris qu'un gène appelé SRY sur le chromosome Y est ce qui fait devenir les fœtus des garçons et non des filles. En 1992, le test olympique a été perfectionné pour détecter la présence du gène SRY.
Mais même cela était insuffisant. Tout expert en génétique sait qu'il y a des exceptions aux règles des chromosomes. Il y a des femelles avec un chromosome Y; il y a des mâles sans gène SRY. Aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, le Comité International Olympique a décidé "d'arrêter de pratiquer des tests de genre," concédant qu'aucun test unique n'apporta de réponse complète.
Identifier le genre des individus intersexués et transsexuels constitue un défi encore plus complexe. L'intersexualité est définie comme la présence d'un "appareil génital ambiguë" faisant qu'il est impossible de dire facilement si le bébé nouveau-né est un garçon ou une fille. Elle se présente à une fréquence de 1 pour 4.000 naissances. Une chirurgie plastique de l'appareil génital est souvent pratiquée pour être en conformité avec l'apparence typique d'un sexe ou de l'autre très peu après la naissance. Beaucoup de ses enfants grandissent en se sentant aliéné par leur identité sexuelle légale et subissent une chirurgie reconstructrice comme adulte afin de reprendre leur identité de genre dominante. Si des intersexués adultes changent leur sexe légal, quel sexe devrait être pris en considération s'ils se marient ?
Bien que la validité du mariage d'une personne intersexuée n'a pas été remise en cause en justice, les oppositions judiciaires au mariage des transsexuels abondent. Les transsexuels croient qu'ils sont nés dans le mauvais corps et entreprennent un processus difficile et douloureux de réassignation chirurgicale.
Mais souvent les Tribunaux ne reconnaissent pas les changement de sexe et invalident les droits matrimoniaux des transsexuels. Dans le cas de 1999 qui fit date dans les annales judiciaires, Littleton v.Prange, un transsexuel mâle à femelle, se vit refuser le droit d'agir en justice pour action en dommages et intérêts pour homicide abusive lors de la mort de son mari. La Cour d'Appel du Texas se référait au sexe donné par "notre créateur" comme opposé au sexe créé par des médecins et rejetèrent les organes sexuels "créés par l'homme".
Le sexe devrait être aisément définissable, mais il ne l'est pas. Notre identité de genre – notre sensation profonde d'être un homme ou une femme – est indépendant de notre anatomie.
Un amendement constitutionnel autorisant les mariages seulement entre homme et femme non seulement défavoriserait des millions d'Américains qui ne rentrent pas facilement dans le moule de chaque catégorie, mais manquerait simplement de rigueur et serait contraire aux réalités biologiques de base.
Eric Vilain est responsable de la génétique médicale à l'Ecole de Médecine à l'Université de Californie à Los Angeles.