DISTILBÈNE
Bonjour à toutes et à tous,
Quelques informations récemment reçues m’ont amenée à faire des recherches sur le Distilbène.
Petit historique: Ce médicament est en fait une hormone (estrogène) synthétisée en 1938 et prescrite de 1948 jusqu’en 1977 aux femmes enceintes. Présenté comme un produit miracle aux États-Unis et au Canada, il était censé empêcher les avortements spontanés et les fausses couches. Dès 1953, une étude américaine démontra son inefficacité dans ce domaine; voire sa tendance à les favoriser. Les intérêts financiers en jeu se dépêchèrent d’enterrer cette étude.
En 1971, le milieu scientifique commença à s’inquiéter devant la recrudescence de cancers rares du vagin et des diverses malformations de l’appareil génital qui étaient détectés chez les «filles distilbène». Le produit fut aussitôt interdit à la vente en Amérique du Nord alors qu’il fallu attendre 1977 pour obtenir, en France, le retrait de ce qui était désormais considéré comme un véritable poison.
Les plus récentes études tendent à démontrer que les altérations viennent de franchir la barrière des générations et que les petits-enfants des «femmes distilbène» sont à présent également touchés.
Concernant les garçons exposés au distilbène, des troubles de la fécondité ont été observés sans que les études aient été aussi poussées que pour les filles; le corps médical semble s’être surtout attaché à étudier et à soigner «ce qui se voyait». Un article du magazine Le Point, datant de novembre 2003, lève deux lièvres. Le premier est celui du franchissement de la barrière des générations, le deuxième intéresse plus particulièrement les garçons:
«…dans les familles où la mère a été traitée pour plusieurs grossesses (60 sur 357), tous les enfants qui ont été exposés à ces hormones sont psychiquement atteints, pas les autres…
Certains, vifs, doués (450 au total), ont plongé à la post-puberté dans de graves psychoses de type anorexie-boulimie, dépression, schizophrénie, anxiété, violence… Seul point commun entre ces enfants: ces cocktails hormonaux pris par les mères! D’où l’idée d’un lien possible entre ces psychoses et l’empreinte hormonale subie au stade fœtal».
Il n’est pas ici question d’accréditer des théories fumeuses qui conduiraient à une psychiatrisation du problème, mais de se demander s’il n’y a pas un voile à lever concernant une imprégnation hormonale fœtale pouvant expliquer certains cas de dysphorie. Et si nous étions concerné(e)s?
La piste de l’imprégnation hormonale dans les derniers jours de la vie foetale ou dans les premières semaines de la vie (Professeur Klotz au cours de la réunion sur le transsexualisme organisée au Palais du Luxembourg le 17.06.1983) est évidemment très intéressante et Stoller évoque lui aussi cette éventualité en ces termes:
«Si ces hormones fœtales sont présentes au bon moment, en quantité adéquate et selon la structure chimique qui convient, l’état de mâle anatomique et la masculinité postnatale seront possibles, indépendamment de l’état de mâle ou de femelle chromosomique. Jusqu’ici, cette règle s’est avérée constante dans toutes les espèces testées».
Tout peut-il se résumer à l’intervention de certaines hormones à un moment donné de la grossesse? Un peu trop d’estrogènes ou une pincée en plus d’androgènes ont-ils pu, se servant du distilbène comme catalyseur, influencer aussi puissamment nos vies? Dans ce domaine, rien n’est certain et tout reste à démontrer.
Ce que nous savons est que le Distilbène est un médicament dit «tératogène» (la tératologie est une science qui étudie les anomalies et monstruosités chez les êtres vivants). Cette potion du Docteur Jekyll a transformé 160 000 enfants français en de potentiels Mister Hyde.
En 1961, les cocktails hormonaux de ma mère faisaient, parait-il, s’inquiéter les pharmaciens chargés de délivrer les ordonnances. Suis-je aujourd'hui la conséquence de cet empoisonnement médicamenteux?
Je crois qu’il pourrait être intéressant de questionner vos mamans à ce sujet si vous êtes né(e)s avant 1977…
A suivre...
Amitiés.
Marine.