IDENTITE SEXUELLE:
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Par Lynn Conway
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L’identité sexuelle d’une personne est l’un des éléments les plus fondamentaux de son identité. Et la première question que l’on pose au sujet d’un nouveau né est: "est-ce un garçon ou une fille?"
Aussi important que ce soit, la plupart des personnes ne pensent jamais à leur propre identité sexuelle. Ils n’ont aucune idée de ce qui leur donne la conviction d’être un garçon ou une fille, un homme ou une femme. N’ayant jamais souffert d’un mauvais ajustement en la matière, ils considèrent leur identité comme une évidence, tout comme l’air qu’ils respirent, et n’y pensent jamais. C’est un vrai privilège que d’avoir cette conviction.
Le sens commun considère que les personnes naissent soit comme des garçons qui vont grandir pour devenir des hommes, soit comme des filles qui vont grandir pour devenir des femmes. Il n’y a que ces deux possibilités et vous faites partie soit de l’une soit de l’autre. Ce sens commun considère aussi comme évident la manière dont vos organes génitaux externes déterminent votre identité. Il considère aussi que c’est tout ce qu’il y a à dire sur la question! Mais nous verrons que la réalité est loin d’être aussi simple.
Qu’est-ce qui fait de nous des garçons ou des filles? Qu’est-ce qui détermine notre identité sexuelle?
Au début de sa gestation, un fœtus qui a des gènes masculins (des chromosomes XY chez les humains) va se développer comme un garçon avec des organes sexuels masculins. Il se développera en fille avec des organes sexuels féminins s’il a des gènes féminins (des chromosomes XX chez les humains). Ceci se passe dans plus de 99% des cas. Les médecins et les parents examinent les organes génitaux externes des nouveaux-nés et déclarent qu’ils sont des garçons ou des filles.
Quand ils grandissent, ceux qui sont déclarés être des garçons deviennent la plupart du temps des hommes avec une identité d’homme et ceux qui sont déclarés être des filles deviennent habituellement des filles avec une identité de femme. Une fois de plus, cela semble tout simple et naturel.
Bien que plus de 5% des hommes et des femmes deviennent homosexuels et vont chercher des partenaires du même sexe, la plupart de ces personnes ont elles aussi une identité sexuelle d’homme ou de femme qui correspond à leurs organes génitaux externes.
Personnes intersexuées - Y compris les bébés dont le sexe est ambigu à la naissance:
Alors que la plupart des enfants naissent comme des garçons ou des filles "normaux", de nombreux éléments génétiques ou liés à la gestation de l’embryon peuvent amener à ce que l’enfant naisse avec des organes sexuels ambigus, de sorte que les docteurs ne peuvent pas déterminer clairement s’il s’agit de garçons ou de filles. Dans d’autres cas, les organes externes correspondent bien à ceux d’un sexe, mais ne correspondent pas aux gènes de l’enfant. Il y a aussi des enfants dont les gènes sont plus complexes que XX ou XY. Dans ces cas, l’identité sexuelle de l’enfant, son évolution physique et intérieure peut être difficile et imprédictible. Les enfants qui résultent de ces variations sont qualifiés "d’intersexués". Il y a un enfant intersexué pour 1000 naissances.
Par exemple, un enfant sur 13'000 qui a des gènes XY (ce qui correspond normalement à un mâle) ne réagit pas aux hormones masculines et développe les organes sexuels externes d’une femme, mais n’a pas d’organes sexuels internes. Ces personnes ayant un "syndrome d’insensibilité complète aux androgènes" (cAIS en anglais) sont considérées et élevés comme des filles. Bien qu’elles ne puissent porter d’enfant, elles développent la plupart du temps le corps élancé des autres femmes. La rumeur veut qu’un grand nombre de modèles de mode soient dans ce cas.
Dans d’autres cas, un "syndrome d’insensibilité partielle aux androgènes" ("pAIS" en anglais) a pour résultat le fait que les organes sexuels externes peuvent prendre toutes les nuances possibles entre des organes males et femelles. Référez-vous au site web du groupe de soutien de syndrome de l’insensibilité aux androgènes (AISSG) pour plus d’information sur cette condition. Chose très importante, la plupart des femmes concernées ne sont jamais informées de la nature de leur condition, parce que leurs docteurs et leurs familles se sentent terriblement honteux de ces "secrets si terribles" liés au fait que ces femmes ont des gènes masculins. A la place, on leur dit des choses comme "vous n’avez jamais développé d’organes internes et vous ne pouvez avoir d’enfant". Elles découvrent souvent la vérité bien plus tard dans la vie, le plus souvent par accident (par exemple, lisez l’histoire de Sherri sur le site de l’AISSG).
Notre société ignore presque complètement l’existence des femmes cAIS, ce qui leur a causé de nombreux problèmes. Par exemple, pendant plus de 30 années, le Comité International Olympique a mené des contrôles de "vérification de sexe" sur toutes les femmes pour s’assurer qu’il s’agissait vraiment de femmes (ceci fut fait pour interdire aux personnes ayant bénéficié d’un changement de sexe de participer aux compétitions). Dans de nombreux cas, ces tests ont identifié des femmes cAIS comme des "hommes" et les ont disqualifiées. Ces erreurs étaient d’autant plus tragiques que la présence du chromosome Y chez les femmes AIS n’en fait pas des hommes ni physiquement ni sur le plan de l’identité sexuelle et il ne leur donne aucun avantage. Ces erreurs furent de plus souvent rendues publiques, ce qui a profondément humilié les femmes qui en ont été victimes.
Pour une introduction aux différentes catégories de personnes intersexuées et au sujet de la prévalence de cette condition, référez-vous à la page du site de la Société des Personnes Intersexuées d’Amérique du Nord qui a pour titre "How Common Are Intersex Conditions?". Pour des informations en profondeur sur l’histoire et les "traitements" médicaux de cette condition, sur les réactions sociales et médicales à cette condition, référez-vous aux excellents ouvrages "Intersex in the Age of Ethics" et à "Hermaphrodites and the Medical Invention of Sex" par la professeure Alice Dreger, Ph.D., de l’Université d’état du Michigan.
L’existence d’enfants intersexués XY (génétiquement males) qui ont des organes sexuels externes féminins et qui ont une identité sexuelle de femme (les femmes cAIS) était un des faits connus depuis longtemps au sujet de l’intersexualité qui a mené les scientifiques il y a des années à comprendre que l’identité sexuelle n’est PAS déterminée directement par les chromosomes XX ou XY. A la place, ils ont émis l'hypothèse selon laquelle l'identité sexuelle d'une personne est indéterminée à la naissance, et elle est déterminée dans la petite enfance par les organes sexuels externes de l'enfant et par son éducation. Le leader de ce mouvement était John Money de l'université John Hopkins.
Selon cette théorie, un enfant qui a un vagin et qui est éduqué comme une fille grandira en développant une identité sexuelle de femme, quels que soient ses gènes. De la même manière, un enfant qui a un pénis et qui est élevé comme un garçon développera une identité sexuelle masculine quels que soient ses gènes. Si l'identité sexuelle ne correspondait pas à ce qu'ils attendaient, les psychologues et les psychiatres supposaient que quelque chose s'était mal passé dans l'éducation de l'enfant, ou que l'enfant était mentalement perturbé ou avait des hallucinations (autrement dit, était un malade mental). Les corrections de tout problème d'identité sexuelle ne pouvaient se faire, selon cette théorie, que par la psychiatrie, en affirmant que cette "perturbation mentale" pouvait être corrigée.
La pratique de "corriger chirurgicalement" les organes génitaux des bébés intersexués pour les rendre "normaux":
Dans les années 60, les progrès en matière de chirurgie plastique et reconstructive, combinés avec la théorie de l'identité sexuelle déterminée par les organes génitaux externes et par l'éducation a amené des médecins à pratiquer des opérations "correctives" sur de nombreux enfants intersexués. L'idée était de rendre "normale" l'apparence de ces organes puis d'élever l'enfant dans le genre correspondant, en supposant que l'enfant grandirait en développant une identité sexuelle correspondante et "normale".
John Money de l'université John Hopkins, qui était devenu l'autorité dominante de la communauté médicale pour ce qui concerne les questions d'identité sexuelle était le principal avocat de telles interventions. C'était un partisan des théories psychologiques comportementales, selon lesquelles l'esprit de l'enfant est considéré comme une feuille blanche, sans aucun trait de personnalité qui lui soit propre. John Money a émis la théorie selon laquelle l'identité sexuelle est le seul fruit de l'éducation et de la socialisation.
La motivation de ces interventions "correctives" sur des nouveaux-nés était de résoudre les "urgences sociales" causées par les naissances intersexuées. Le seul fait qu'il existe un grand nombre d'enfants intersexués, avec toute la variété de leurs organes sexuels, invalide le préjugé de notre culture qui divise strictement l'humanité en deux groupes totalement distincts et inamovibles, les hommes et les femmes. La seule existence de personnes intersexuées remet en question de nombreuses et anciennes structures religieuses et légales de notre société. Les parents et les médecins subissaient (ou croyaient subir, ndt) une forte pression de la société pour éliminer ces variations. John Money a transformé ces préjugés en une théorie qui avait l'apparence de la pertinence et afin de valider les opérations "correctives" sur les nouveaux-nés.
Comme, pour les chirurgiens, il était plus facile de "faire des filles" que de "faire des garçons", le plus souvent, les enfants intersexués XY qui avaient un petit pénis ou qui n'en n'avaient pas du tout étaient transformés en filles. Le fait qu'un tissu très sensible et très important était perdu au cours de l'opération (ce qui limitait très fortement les possibilités d'avoir du plaisir durant l'acte sexuel à l'âge adulte, ndt) n'a pas retenu les chirurgiens. Pendant de nombreuses années, notre société a nié le fait que les femmes aussi ont de forts désirs sexuels et la capacité de ressentir des orgasmes. Si un enfant était "corrigé" en fille, les médecins ne se souciaient absolument pas de ses désirs sexuels ni de sa capacité à avoir du plaisir en faisant l'amour. Ils se souciaient uniquement de sa capacité à satisfaire sexuellement son partenaire masculin.
Les opérations de nouveaux-nés intersexués ont été pratiquées depuis de nombreuses années et leur fréquence est d'environ 1 opération pour 2000 naissances. Dans la plupart des cas, les opérations "créent" des filles. Chose surprenante, on ne trouve pas d'étude scientifique du succès de ces opérations.
Même au début de cette pratique, certains s'y sont opposés, en particulier un jeune chercheur nommé Milton Diamond, maintenant professeur à l'université de Hawaii. Alors qu'il était encore en train de faire son doctorat, Diamond a défié avec audace les théories de Money en publiant en 1959 un article intitulé "A critical evaluation of the Ontogeny of Human Sexual Behavior". L'approche de Diamond était basée sur ses propres observations tirées d'expérimentation avec les animaux. Plus tard, il publia également "evidence from biology, psychology, psychiatry, anthropology, and endocrinology to argue that gender identity is hardwired into the brain virtually from conception" (cf. "As Nature Made Him", p.44).
Cependant, le préjugé selon lequel les êtres humains avaient progressé "au delà des influences de la nature en matière de sexualité" et que la sexualité et l'identité sexuelle étaient déterminés par l'éducation avaient déjà profondément imprégné la communauté médicale. Sous l'influence de prophètes tels que John Money ce point de vue a dominé dans la communauté médicale et psychologique durant la fin du 20ème siècle. Des milliers d'opérations ont eu lieu durant ces décennies, et toujours sans aucun contrôle d'efficacité. Ca n'est qu'à la fin du 20ème siècle que ces questions terribles ont surgi, quand les premières études ont démontré que les opérations n'avaient pas du tout eu le résultat prédit par John Money.
En quoi ces tentatives de correction révèlent que les vielles théories en matière de formation de l'identité sexuelle sont fausses:
Durant les dernières années, nombre de personnes intersexuées ont commencé à se rassembler grâce à Internet. Elles ont commencé à comparer leur expérience au sujet de leur situation. Il est alors devenu clair que nombre des interventions "correctives" n'avaient pas produit les résultats attendus par les médecins. A la place, nombre de personnes intersexuées se retrouvaient mutilées par ces interventions. Nombre d'entre elles souffraient également de troubles de l'identité sexuelle, étant donné qu'elles s'étaient vu attribuer un sexe de manière tout à fait arbitraire, sur la base de ce que les chirurgiens avaient le plus de facilité à faire.
Sous la pression des activistes intersexués, en particulier la toute nouvelle ISNA (l'organisation des personnes intersexuées d'Amérique du Nord, ndt), des études des résultats de ces opérations ont finalement eu lieu. La première d'entre elles fut centrée sur 25 personnes génétiquement XY qui n'avaient pas de pénis à la naissance (syndrome d'extrophie cloacale) et qui avaient été transformées chirurgicalement en filles puis élevées en tant que telles. Cette étude révéla que ces 25 personnes avaient développé une identité sexuelle d'homme.
Bien qu'ayant été éduqués comme des filles, ces enfants avaient tous les comportements des jeunes garçons. A leur adolescence, tous avaient insisté, envers et contre tout, en particulier à l'encontre de leurs organes sexuels externes et de leur éducation, qu'ils étaient des hommes et qu'ils voulaient voir leur corps corrigé. Nombre d'entre eux cherchaient désespérément des amies, comme l'aurait fait n'importe quel adolescent mâle.
Au lieu d'avoir transformé leur identité sexuelle innée et d'avoir fait de ces enfants des filles, ces opérations en on fait l'équivalent de personnes transsexuelles femme-vers-homme! Nombre de ces hommes ont depuis entrepris des traitements hormonaux et des opérations de réattribution de sexe de type femme vers homme. Malheureusement pour eux, les effets des opérations qu'ils ont subi à leur naissance entrave la reconstruction d'organes sexuels masculins et, dans de nombreux cas les empêchent de ressentir toute forme de plaisir sexuel.
D'autres leçons que nous donnent les personnes intersexuées au sujet de l'identité sexuelle:
Ces études remettent en question la pratique des interventions chirurgicales arbitraires sur des nouveaux-nés intersexués.
Elles font même quelque chose d'encore plus important: elles remettent en question la théorie selon laquelle les organes génitaux externes et l'éducation déterminent l'identité sexuelle. Elles ont de ce fait initié un profond changement dans la manière dont la communauté médicale considère l'origine de l'identité sexuelle. L'expérience des personnes intersexuées qui ont suivi différentes trajectoires (certaines se sont vues "corrigés" à la naissance d'autres pas) est mieux connue et elle nous donne une autre compréhension des nombreuses variations de l'identité sexuelles. Elles nous montrent aussi combien elle est indépendante de nos organes sexuels.
Par exemple, dans des cas comme le syndrome de Turner, un enfant peut avoir des organes sexuels masculins qui semblent normaux à la naissance et il est alors élevé comme un garçon. Mais, à la puberté, il ne se masculinisera pas et il conservera une apparence nettement plus féminine. Ces adolescents risquent de faire face à de grandes difficultés si leur situation n'est pas diagnostiquée et/ou s'ils ne sont pas informés des options à leur disposition. S'ils n'ont pas une identité d'homme clairement déterminée, ils peuvent devoir faire face à un choix difficile: soit entreprendre un traitement à la testostérone (et se développer comme des hommes), soit entreprendre un traitement aux oestrogènes et se développer comme des femmes. Il arrive que des enfants ayant le syndrome de Turner aient une identité sexuelle de femme, et, s'ils en ont la possibilité, choisissent la voie correspondante.
L'article "What do children know?" de Clara Jane Spalding raconte l'histoire bouleversante d'un tel enfant qui a été élevé comme un garçon mais qui a une identité sexuelle de femme et qui a dû entreprendre un traitement hormonal et une intervention de réattribution de sexe en tant que jeune adulte. L'existence de tels cas réfute les affirmations de John Money selon lesquelles les organes sexuelles externes et l'éducation déterminent l'identité sexuelle:
Fourvoyés par les théories de Money durant des décennies, la profession médicale a mutilé de manière irréversible des dizaines de milliers d'enfants intersexués. Pour une description de l'expérience traumatisante d'une personne intersexuée qui a été "corrigée" à la naissance et qui a grandi sans savoir ce qui s'est passé, consultez l'interview de Cheryl Chase dans "Between the Lines: coming to terms with children born intersexed, " by Victoria Tilney McDonough"
Cheryl a été directrice et fondatrice de la société des personnes intersexuées d'Amérique du Nord (ISNA), et un des leaders du mouvement qui s'est efforcé de mettre fin à la honte au secret et aux opérations arbitraires infligées aux personnes dont les organes sexuels étaient considérés comme atypiques. ISNA s'efforce de faire comprendre que l'intersexualité n'a rien de honteux ni de monstrueux. Aux seuls Etats-Unis, cinq enfants subissent une intervention mutilante et totalement inutile chaque jour. ISNA exige des médecins qu'ils utilisent un modèle de traitement qui mette le patient au centre, plutôt que de privilégier leurs préjugés. Pour plus d'informations sur ces problèmes, référez vous au documentaire de Discovery Channel "Is it a Boy or a Girl?", qui a été produit avec la participation d'ISNA.
Cheryl Chase, directrice et fondatrice d'ISNA
"Quand un enfant intersexué naît,
la procédure par défaut est de lui infliger une opération",
dit Cheryl Chase, qui a été "réassignée" chirurgicalement
en fille quand elle avait 18 mois.
"Les docteurs veulent réparer ce qui ne leur semble pas correct,
puis ils enfilent des couches culotte à l'enfant,
ferment le dossier et l'envoient se débrouiller seul."
La théorie qui prétend que l'identité sexuelle est acquise par l'éducation est enfin démolie:
La rupture d’avec les idées de John Money a commencé à se faire quand la communauté scientifique a appris que John Money avait dissimulé durant des années les preuves que ses théories étaient fausses. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase fut l’histoire du cas de "John/Joan" tel qu’il fut présenté dans l’ouvrage "As Nature Made Him: The Boy Who Was Raised as a Girl " de John Colapinto.
Il y a des décennies, John Money avait accompagné les parents d’un petit garçon qui avait perdu l’essentiel de son pénis lors d’un accident médical et leur avait conseillé de lui faire subir une opération pour le changer en fille, intervention justifiée par la théorie selon laquelle "elle" allait grandir et devenir une fille normale au lieu de devoir grandir comme un "garçon anormal". Ce cas était très important pour les chercheurs parce que ce garçon avait un frère jumeau qui pouvait servir de base de comparaison dans l’étude du développement de l’identité sexuelle. La première étape fut de castrer l’enfant et d’enlever ce qui restait de son pénis. Il fut alors élevé comme une fille. Cependant "elle" exprimait clairement une identité sexuelle masculine. "Elle" commença à déclarer que, en fait, "elle" était véritablement un garçon et se rebellait contre les tentatives de la faire se comporter comme une fille. A la puberté, alors qu’elle n’était pas au courant de l’opération qu’elle avait subi enfant, elle résista aux efforts de ses parents et des médecins pour la féminiser avec un traitement aux oestrogènes et d’autres opérations chirurgicales. Par la suite, elle entreprit une transition pour retrouver son statut d’homme, un peu comme l’aurait fait un transsexuel FtM. Dans ce cas, éduquer un garçon avec des organes génitaux féminins comme une fille n’a clairement PAS changé son identité sexuelle.
Durant des décennies, John Money s’est continuellement référé au cas de John/Joan comme à une victoire, fabriquant de toutes pièces des faits pour prouver que ce cas était une "réussite complète". Money n’a cependant permis à personne d’approcher "Joan" pour en savoir plus au sujet de sa vie, refusant tout contact au nom de la "protection de la sphère privée". Progressivement, ce cas devint si légendaire qu’il en devint la pierre d’angle qui soutenait les théories de John Money.
Puis vint la nouvelle écrasante, à savoir la révélation que John Money savait parfaitement depuis le début que l’intervention sur cet enfant n’avais jamais marché. Bien pire, il avait délibérément caché durant des décennies les preuves que sa théorie était erronée – décennies durant lesquelles des milliers d’enfant intersexués ont été victimes de mutilation en raison de ces théories. C’est le professeur Milton Diamond, le scientifique qui avait eu le courage de s’attaquer à Money alors qu’il faisait sa thèse, qui, des décennies plus tard, a pu mettre en évidence la tromperie
Le professeur Diamond a toujours mis en doute les résultats de Money. Durant les années, il a essayé lors de nombreuses études et dans ses articles de persuader d’autres chercheurs de considérer au moins la possibilité que l’identité sexuelle était innée. Cependant ses efforts furent vains, en raison de la domination de Money dans le domaine.
C’est au début des années 1990 que Diamond a réussi à retrouver l’enfant "Joan", et il s’attendait à rencontrer une femme adulte, dont l’histoire avait été la fondation de toute la théorie de Money. Alors qu’il voulait simplement confirmer ce qui s’était ou ne s’était pas passé, Diamond s’est retrouvé face au fait incroyable qu’elle ne s’était jamais senti une fille et qu’il était maintenant un homme marié!
Diamond et un collègue, Keith Sigmundson, ont alors travaillé sans relâche à documenter ce qui s’était réellement passé dans ce cas et ont ensuite rédigé un article pour révéler leurs résultats. Cet article était si controversé que de nombreuses publications scientifiques ont simplement refusé de le publier! Ils ont agi ainsi tellement était grande l’influence de Money et tellement ses idées étaient répandues. Ces publications ne pouvaient simplement pas croire les preuves qu’ils avaient sous les yeux!
L’article "Sex reassignment at birth: long term review and clinical implications" de Milton Diamond et H. Keith Sigmundson a finalement été publié en mars 1997 par les "Archives of Pediatric and Adolescent Medicine". Il y eut alors une tempête de réactions dans les médias et dans la communauté scientifique. Il a été publiquement révélé que John Money avait falsifié les faits et éliminé tous les éléments qui prouvaient l’invalidité de sa théorie dans le cas qui était la pierre d’angle de sa théorie au sujet de l’identité sexuelle. Deux ans plus tard, l’écrivain John Calapinto avait publié un compte rendu détaillé de toute l’histoire, afin de la faire connaître au grand public.

La réfutation des théories de John Money a enfin permis un changement de conception, pas simplement dans la communauté scientifique, mais aussi dans la communauté médicale – bien que le progrès y soit plus lent, en raison, entre autres de l’influence persistante des théories de Money sur les “anciens”. Ce changement facilite aussi des attaques en justice face à la continuation des opérations sur des nouveaux-nés intersexués par des chirurgiens traditionalistes. Référez-vous en particulier à un récent article dans “ the Yale Law Review” qui souligne la compréhension accrue des problèmes médico-légaux dans le domaine.
La théorie qui affirme que des structures développées avant la naissance du cerveau et du système nerveux central déterminent un sentiment inné de notre identité sexuelle:
Si les gènes ne déterminent pas notre identité sexuelle (les femmes cAIS nous prouvent que ça ne peut pas être le cas) et si ça n’est pas non plus les organes génitaux et l’éducation qui la déterminent (les garçons avec une extrophie cloacale nous le prouvent), alors qu’est-ce qui peut bien déterminer l’identité sexuelle d’une personne?
Il y a un nombre croissant de preuves scientifiques que, d’une manière ou d’une autre, certaines structures cérébrales de l’hypothalamus (la région du BSTc) déterminent l’identité sexuelle des personnes. Ces structures sont "câblées en dur" avant la naissance dans les centres inférieurs du cerveau et dans le système nerveux central (CNS) durant les premières phases de la gestation, lors de l’imprégnation hormonale de ce dernier.
Il semble que si ces structures nerveuses du cerveau et du système nerveux central soient masculinisées dans les premières étapes de la gestation du fœtus, alors l’enfant aura des perceptions masculines et une identité sexuelle masculine, indépendamment de ses gènes ou de ses organes génitaux. Si ces structures ne sont pas masculinisées au début de la grossesse, alors l’enfant aura des perceptions féminines et une identité sexuelle féminine, là encore indépendamment de ses gènes ou de ses organes génitaux. Comme dans le cas des enfants intersexués qui ont des organes génitaux ambigus, il y a sans aucun doute de nombreux degrés d’identités croisées du cerveau et des structures du système nerveux central. De fait, alors que certains enfants ont des identités complètement contraires à leur apparence, d’autres ont des identités qui ne s’en distinguent que partiellement.
Certaines recherches encore plus récentes indiquent que le cerveau commence à se différencier encore plus tôt, peut-être même avant que les hormones ne commencent à entrer en jeu et selon des mécanismes qui ne sont pas encore compris. L’identité sexuelle devient alors la résultante de l’interaction complexe entre la différenciation initiale et celle qui se produit plus tard sous le jeu des hormones. Pour plus d’informations à ce sujet, référez-vous à “ Brain development: The most important sexual organ” dans Nature, édition du 29 janvier 2004 (Nature 427, 390 – 392).
C’est pour cette raison qu’il arrive que des enfants développent une identité sexuelle complètement en contradiction avec leurs gènes. Dans les cas cAIS, par exemple, les structures cérébrales de ces filles sont probablement insensibles aux effets masculinisants de la testostérone chez le fœtus. Il en va de même de leurs organes génitaux. Ainsi, elles développent des structures cérébrales et une identité sexuelle de femme, quand bien même elles ont des gènes XY.
C’est aussi pour cette raison qu’il est possible que certains enfants aient une identité sexuelle contredisant leurs organes génitaux et leur éducation. Dans le cas des garçons avec une extrophie cloacale (“micropénis”), leurs structures cérébrales ont probablement été masculinisées sous l’influence de la testostérone fœtale, ce qui leur a donné une identité sexuelle masculine quand bien même ils ont été transformés chirurgicalement en filles et élevés comme tels.
Il s’agit d’observations spectaculaires, sans précédent et indéniables qui renversent les précédents modes de pensée, et elles le font dans un domaine scientifique qui a été sujet de beaucoup de désinformation et de tabous. Dans le cas de Galilée, ce changement a permis de passer d’un monde ou la Terre était au centre de l’univers à un monde où c’était le soleil qui était au centre. Dans notre cas, c’est l’abandon de la théorie qui postulait une détermination par les organes génitaux et l’éducation à une théorie qui postule un développement neurobiologique durant la grossesse.
Les implications de ce changement sont importantes, en particulier pour ceux qui souffrent d’identités qui ne rentent pas dans les cadres habituels de notre société. Au lieu d’être considérés comme des problèmes psychologiques, elles deviennent des questions de nature neurologique.
Ecoutez attentivement les conclusions de William Reiner, M.D., pédiatre et chercheur à l’hôpital John Hopkins, qui a travaillé avec des enfants intersexués (Reiner est maintenant en train de réaliser des études de suivi de personnes avec une extrophie cloacale qui confirment ses conclusions):
C’est impressionnant de voir que les psychiatres ont complètement manqué ces résultats par le passé et ont très longtemps supposé que l’identité sexuelle était indéterminée à la naissance et construite par l’éducation. Les personnes qui ont des problèmes d’identité avaient depuis très longtemps décrit leur problème non comme un problème de PENSEE, mais comme un problème de perception et de PERCEPTION DE LEUR CORPS - comme un petit enfant, les sentiments liés à votre identité, à comment vous vous déplacez dans l’espace, comment vous réagissez aux contacts corporels, votre degré d’agressivité, comment vous interagissez avec les autres jeunes enfants. Puis, après la puberté, ce qui nous excite sexuellement, et si ce désir est mâle (avec le besoin de pénétrer) ou femelle (avec le besoin d’être touchée et pénétrée).
On ne construit pas ces perceptions qui proviennent du système nerveux central et qui nous caractérisent comme homme ou comme femme, on les ressent tout simplement! Les mécanismes perceptifs qui sont impliqués sont prédéterminés et ne peuvent pas être changés par des méthodes psychiatriques, pas plus que l’on peut remplacer sa perception de la chaleur par celle du froid et inversement.
Quels que soient les mécanismes qui les produisent durant la gestation, les sentiments d’une personne quant à son identité et quant à son identité sexuelle sont au cœur de sa personnalité. L’identité sexuelle est fixe, immuable et irréversible quelles que soient les méthodes médicales et psychologiques utilisées. Nous savons aussi qu’il y a une seule méthode pour déterminer votre identité sexuelle. Nous devons VOUS demander de nous la dire! Votre identité est une perception et vous êtes la seule personne qui puissiez savoir avec certitude quelle elle est, et personne d’autre ne peut légitimement vous la dicter!
Faire face aux fondamentalistes de tous bords
Ecrit par Marie-Noëlle Baechler
07-05-2006
En ces temps où le PACS se généralise dans les pays occidentaux et où même les questions de mariage, d'homoparentalité et d'adoption sont abordées de manière de plus en plus pragmatique et respectueuse, on pourrait imaginer que l'homophobie et la transphobie sont en train de s'estomper doucement. Hélas, il n'en n'est rien.
Ces derniers mois, les agressions à l'encontre des personnes de la mouvance LGBTI ont plutôt eu tendance à s'accroître et parfois fortement. En France, des associations ont décidé de créer une cellule de crise pour observer la situation [1]. Un rapport d'Amnesty International [2] concernant les agressions provenant des membres des forces de l'ordre aux Etats-Unis démontrent que la situation est loin de se calmer. Ce printemps, l'ILGA a fait un constat semblable. Les procès engagés à la suite de ces violences font également apparaître de nouveaux phénomènes, On constate que, même face à une cour de justice, les agresseurs ne font preuve d'aucun repentir et considère leurs actes comme parfaitement légitimes, et les personnes LGBTI comme des "cibles légitimes". Il vont même jusqu'à accuser leurs victimes
d'avoir provoqué leur violence en raison même de leur différence. Un récent procès à Marseille, suite à l'agression d'un Gay en est une bonne illustration [3]. Aux Etats-Unis, ce genre de tactique a maintenant un nom, "gay panic", et les avocats et les collaborateurs des ministères publics unissent leur forces pour voir comment y faire face [4].
Selon différentes sources d'information sur le web, il semble également qu'il y ait un surcroît d'activité de la part des fondamentalistes de tout bord. Ces derniers essaient d'articuler leur
action selon plusieurs axes. Il y a d'une part l'offensive "ex-gay" qui prétend que "les gays peuvent être guéris de leur perversion" [5]. Il y aussi une lutte contre les mouvements qui essaient d'établir une défense des droits humains des personnes de la mouvance LGBTI. Ces
derniers osent prétendre que "la protection des droits humains des personnes de la mouvance LGBTI est une atteinte à leur liberté d'expression et à leurs propres droits" [6].
Même si la réaction face à ce type de mouvement est de plus en plus organisée [7], les personnes de la mouvance LGBTI sont susceptibles de se trouver dans des situations très conflictuelles non seulement quand elles ont eu le malheur additionnel de naître dans une famille
fondamentaliste, mais aussi dans le cas où elles se retrouvent confrontées à de pareils comportements dans le cadre dans leurs études, dans le cadre professionnel, ou associatif ou avec la famille d'un-e éventuel-le partenaire.
Face à des personnes qui non seulement prétendent détenir à elles-seules la vérité et qui affirment en plus leur volonté de vous l'imposer de gré ou de force, assumer son vrai visage est certainement un acte d'affirmation de soi très ferme. Face à des personnes qui ne connaissent pas de limite et qui sont prêtes à entrer dans un rapport de forces, il est hélas probable qu'un conflit, parfois très vif sera inévitable. En Suisse, il semble que le fait que le PACS ait été
adopté en votation populaire a fortement réduit la légitimité de l'action de ces milieux auprès de l'opinion publique. Mais il n'en va pas nécessairement de même dans d'autres pays occidentaux.
Nombre de personnes de la mouvance LGBTI ont d'autant plus de mal à réagir efficacement aux offensives des fondamentalistes qu'elles reposent sur une pratique de maltraitance très classique et qu'elles l'ont subies, souvent très durement, depuis leur plus tendre enfance. Cette pratique consiste à s'emparer de leur vie, à s'ériger en autorité absolue, à exiger une soumission absolue, à prétendre savoir à la place de l'autre ce qui est juste et bon pour sa vie et à le dévaloriser ce qu'il a de plus précieux en lui, son vrai visage, afin de le rendre dépendant affectivement du jugement de celui qui s'érige en autorité. Ce genre de prise de pouvoir semble littéralement "vieux comme Hérode" et la religion est utilisée pour le légitimer depuis de nombreux siècles. Les personnes qui sont dans ce genre de comportement abusif et maltraitant sont susceptibles d'être très violentes. Il n'est pas rare que, quand des enfants révèlent leur différence à ce genre de parent, ils s'entendent dire "j'aurais préféré te voir mort-e!". Il arrive que des parents abusifs passent à l'acte, même face à des enfants devenus adultes.
Des personnes nées dans des familles de ce genre peuvent se retrouver très fragiles à des comportements de cette sorte, et risquent de vouloir convaincre leurs adversaires de la légitimité de leur point de vue, tout comme elles attendent de leurs parents qu'ils reconnaissent enfin leurs erreurs et qu'ils reconnaissent enfin ce qu'ils ont de plus précieux en elles. Dans un cas comme dans l'autre cette attente est vaine et les personnes abusives sont susceptibles de s'appuyer
dessus pour asseoir leur emprise sur la personne.
Dans un cas comme dans l'autre, il est essentiel pour la personne qui se trouve confrontée à cette situation, d'intégrer profondément qu'elle n'a rien à attendre de personnes qui se comportent de la sorte. Il lui faut comprendre qu'elle se trouve face à des personnes gravement abusives, mues par des préjugés homophobes et transphobes, qu'il est essentiel qu'elle dénonce et récuse leurs manoeuvres et leur système de référence. Il est aussi essentiel qu'elle comprenne que, si elle se trouve face à des personnes prêtes à entrer dans un rapport de force, elle a parfaitement le droit de prendre toutes les mesures nécessaires à sa défense, quitte à se faire accuser d'être "méchante", "dure", "agressive", etc. Et que ce genre d'accusation fait, là
encore, partie des manoeuvres de ses agresseurs afin de prendre le pouvoir sur elle.
Récuser le système de référence des personnes pratiquant ce genre d'abus peut signifier récuser purement et simplement le système de référence des fondamentalistes. S'ils veulent se référer à la Bible (ou à tout autre texte du même genre), c'est leur problème, mais ca n'est pas votre cas, et vous réagirez avec la plus grande fermeté à leur tentative de vouloir vous imposer leur système de croyance.
Récuser le système de référence de ce genre de personnes abusives peut également signifier dénoncer le fait qu'ils utilisent les textes écrits il y a plusieurs millénaires, par de simples êtres humains dans le but de justifier leur propre homophobie et leur propre transphobie. A ce titre, le fait qu'ils essaient de faire passer leurs préjugés pour un commandement divin est tout à fait typique et c'est une des manipulations classiques des systèmes de maltraitance que Alice Miller
définit sous le terme de "pédagogie noire" [8].
Récuser le système de référence de ce genre de personnes abusives, c'est également dénoncer le fait qu'elles utilisent un Dieu censé être aimant et accueillant à des fins de stigmatisation, d'exclusion, de rejet, de condamnation. Comme d'habitude dans ce genre de cas, derrière leurs vérités, on retrouve des objectifs de prise de pouvoir, de domination et d'enfermement des êtres humains dans un système de normes extrêmement rigides destinés à apaiser les immenses insécurités des personnes à l'origine de .la prise de pouvoir.
A l'instar d'une Alice Miller, on pourra constater que les comportements abusifs de nombre de thérapeutes à l'encontre des personne de la mouvance LGBTI sont enracinés dans les mêmes ornières.
Dans certaines situations, Etre prêt à se défendre, cela signifie aussi être prêt à recourir à tous les moyens légitimes, y compris prendre l'initiative. Face à des personnes qui tablent sur votre
passivité et votre soumission, déposer plainte et recourir aux médias, etc. peut se révéler très utile.
Nombre de personnes souhaitent simplement vivre leur vie paisiblement et ne voient pas pourquoi s'engager dans des luttes parfois difficiles, alors qu'elles ont déjà eu tant de peine à trouver leur place dans le monde. Une telle réaction est humaine, respectable et compréhensible. Mais, il est aussi important de se rappeler que, de même pour les droits des femmes, la tolérance dont jouissent les personnes de la mouvance LGBTI est encore fragile, que le système de
normes qui a servi à justifier leur éradication de la société occidentale est encore très présent et que la lutte pour permettre de faire accepter et percevoir comme une richesse le vrai visage de
chaque être humain avec ce qui le rend unique est encore, au minimum, une affaire de générations.
L'auteure de ces lignes a, elle aussi, souhaité vivre simplement sa vie. Mais c'est à la suite du constat que la situation reste difficile dans de nombreux pays européens et à la suite d'attaques de psychiatres qui prennent leurs préjugés et leur incompréhension pour des vérités qu'elle a ressenti le besoin de ne plus se cacher, de ne plus vivre dans la peur, d'affirmer la valeur de sa différence et de celle de toutes les personnes de la mouvance LGBTI afin de ne plus laisser les forces homophobes et transphobes occuper seules le terrain,
[1] Concernant la cellule de Crise des associations LGBTI françaises:
[2] Le rapport d'Amnesty International sur les violences policières contre les personnes de la mouvance LGBTI:
[3] Le procès des agresseurs de David Gros:
[4] Des réactions concertées face aux défenses de type "gay panic" en justice:
[5] Voici quelques exemples de l'offensive des fondamentalistes et de ses théories "ex-gay":
[6] Voici quelques exemples d'attaques directes des fondamentalistes contre les mouvements LGBTI:
[7] Quelques documents concernant les réactions aux attaques de type "ex.gay"
[8] En ce qui concerne la maltraitance dans l'éducation, son utilisation dans la société et la "pédagogie noire", on consultera les ouvrages de la psychothérapeute Alice Miller. Les ouvrages "c'est pour ton bien" et "l'enfant sous terreur" sont ceux dans lesquels elle a introduit ce terme et décrit ce qu'il recouvre.