S EM I N A I R E 2 0 0 5 - 2 0 0 6 – A N N U E L
l e s ma r d i s , e n v . t o u s l e s 1 5 j o u r s , 1 5 h - 1 7 h o u 1 5 h 3 0 - 1 7 h 3 0
Contact: Dr. Cynthia Kraus
«!Sexe, genre et sexualité. Intersexualité!: regards croisés entre clinique et gender studies»
L o g i s t i q u e ! : ce séminaire inter-sciences est une collaboration SSP-FBM ouvert aux étudiant•e•s de 2ème cycle en SSP et aux médecins assistant•e•s en formation post-grade. Avec la participation des Dresses Marie-Hélène Dutoit, Mathilde Morisod, Eva Pigois, et du Prof. Gérald Theintz, endocrinologue pédiatre, DMCP.
Veuillez noter que les lieux et les heures exactes changent :
– les séances communes SSP et FBM ont lieu de!15h30 à 17h30, à la salle de
colloque, SUPEA - Pédopsychiatrie de Liaison du CHUV, Bâtiment Nestlé, Niveau 5, 5, Av. Pierre-Decker (bus 5 ou 6, arrêt CHUV)!;
– les séances ciblées SSP (en gris) ont lieu de 15h à 17h, à l’UNIL, Humense (ex-BFSH2), salle 3120. Pour les dates exactes, cf. plan du séminaire infra.
Descriptif!: à partir d’interrogations actuelles entre pédopsychiatres, psychanalystes, chirurgien•e•s, endocrinologues sur la question du «!choix du sexe!» dans des situations de pseudo-hermaphrodisme, confrontation sous forme de séminaire intersciences entre clinique, études sociales des sciences et Etudes genre. Pour certaines questions, des conférencièr•e•s extérieur•e•s seront invité•e•s. Quelques séances de cours seront également organisées autour de vidéos que nous visionnerons et analyserons ensemble
Lectures!: un corpus de textes communs sera distribué au début du séminaire.
Prérequis!: aucune connaissance préalable en sociologie des sciences, en Etudes genre, en médecine ou encore en clinique n’est nécessaire.
Evaluation!: les modalités de validation du séminaire dépendent de chaque enseignant•e/Faculté.


Organisation Internationale des Intersexués
Activités au Québec Activities in Québec
Photos à la fin / Photos at the end
L’Organisation Internationale des Intersexués est une organisation basée dans la province de
Québec au Canada. Cependant, comme le nom l’indique, c’est une organisation
internationale avec des activistes dans plusieurs pays.
Voici un aperçu des activités qu’on a organisées au Canada.
The International Intersex Organisation is an organisation incorporated in the province of Québec.
However, as the name indicates, it is an international organization with activists in several countries.
What follows is an overview of some of the activities organized in Canada.
Joëlle-Circé Laramée est vice-présidente et André Fiset est trésorier.
Joëlle-Circé Laramée is vice-president and André Fiset is treasurer.
Vous pouvez les joindre aux courriels suivants:
You can reach them at the following addresses :
Vice-présidente
Vice-president
Cofondateur et trésorier
Cofounder and treasurer
Joëlle et sa partenaire
Dany Vleminckx
Joëlle and her partner
Dany Vleminckx
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Interview – en anglais
In English
Curtis E. Hinkle, le fondateur de l’OII, parle de son enfance. Vous pouvez écouter l’émission sur:
Curtis E. Hinkle, founder of OII, speaks of his childhood. You can listen to the broadcast on:
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Article sur Joëlle et Curtis


Article about Joëlle and Curtis


Intersexuality: Two People’s Personal Experience


(en anglais) (in English)
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Conférence sur l’intersexualité


Lieu : 2075, rue Plessis (coin Ontario), salle 130 Place : 2075 Plessis St. (corner Ontario), room 130


Date: 29 juillet 2004 à 18 h 



Date : July 29, 2004 at 6 p.m.


Admission : entrée gratuite



Free Admission to general public
Une conférence par Curtis Hinkle, fondateur de l'Organisation Internationale des Intersexués et Joëlle-Circé Laramée, vice-présidente de l’OII, un organisme oeuvrant en faveur des Droits de l'Homme des intersexués et des transsexués. Ils ont proposé un exposé sur l'intersexualité en général ainsi que sur la transsexualité. Ils ont aussi parlé de leurs expériences personnelles. Avec la collaboration du centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal.
A lecture given by Curtis Hinkle, founder of the International Intersex Organisation, and Joëlle-Circé Laramée, vice president of OII, an organisation working in favor of Human Rights for both the intersexed and transsexed. They gave an overview of intersex issues as well as transsexualism. They will speak also of their personal experiences. With the collaboration of the Gay and Lesbian Community Center of Montreal.
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La Journée Communautaire Samedi 31 juillet - Site du festival, 11 h à 17 h

Community Day Saturday, July 31 – Festival site, 11 a.m. to 5 p.m.
Clubs sociaux, équipes sportives, organismes de défense des droits de l’homme et groupes d’intervention aux vocations
multiples vous donnent rendez-vous, présentent leurs projets et leurs services et répondent à vos questions.
From sports teams to social clubs, and human rights organizations to health educators, every one is out to spread the word, answer questions and explain their services.





André Fiset à notre kiosque
OII avait une table. On a distribué des centaines de
brochures sur l’intersexualité et répondu aux questions
des passants.
OII had a table. We distributed hundreds of brochures
on intersex and answered questions from visitors.
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Le Défilé de la Fierté Le premier août 2004

The Gay Pride Parade August 1, 2004
L’Organisation Internationale des Intersexués marchait avec notre bannière.
The International Intersex Organisation was marching with our banner.
Photos en bas Photos below
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Téléconférence avec EGALE Canada

Teleconference with EGALE CANADA


le 7 décembre 2004 December 7, 2004
EGALE CANADA a invité la vice-présidente de l’OII, Joëlle, à parler des
questions trans et intersex d’une perspective québécoise. Joëlle a eu
l’occasion de parler des différences entre les besoins des trans et
intersexués francophones et ceux des anglophones au Canada.
EGALE est l’organisation LGBT la plus importante au Canada.
EGALE CANADA invited the vice president of OII, Joëlle, to speak on behalf of trans and intersex issues from a Québec perspective. Joëlle had the occasion to speak about the differences between the needs of Francophone intersex and transsexed individuals from those of the Anglophone community in Canada. EGALE is the most influential GLBT organisation in Canada.
On remercie EGALE pour leur soutien et surtout pour leur solidarité pendant la Journée de Sensibilisation IS.
We wish to thank EGALE for their support and especially their solidarity during Intersex Awareness Day.
EGALE fait la promotion de l'égalité et de la justice pour les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et
transsexuées, et leurs familles, partout au Canada.
EGALE advances equality and justice for lesbian, gay, bisexual and trans-identified people, and their families,
across Canada.
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CAUSE DE MORTALITE: VIOLENCE ANTI-TRANSGENRE.
CAUSE OF DEATH: ANTI-TRANSGENDER VIOLENCE
6ème anniversaire du jour du
souvenir Transgenre.
6th anniversary of
Remembering Our Dead
L’Organisation Internationale des Intersexués a participé à cet évènement à Concordia University’s Dragonroot Centre for Gender Advocacy.
Joëlle a animé un atelier sur son nouveau groupe, «Être une Femme/Who is a Woman». Elle a parlé de l’OII et a trouvé du soutien parmi les étudiants et professeurs de l’université.
Le jour du souvenir Transgenre a débuté en 1999 pour répondre à l’augmentation des actes de violence anti-transgenre ayant eu des conséquences mortelles. L’année dernière, le jour du souvenir Transgenre a été respecté dans 110 endroits et dans 8 pays. Pour toute information supplémentaire, merci de visiter www.rememberingourdead.org
The International Intersex Organisation participated in this event at Concordia University’s Dragonroot Centre for Gender Advocacy.
Joëlle presented a workshop on her new group «Être une Femme/Who is a Woman». She spoke about OII and made allies among the students and professors of the university.
Remembering Our Dead started in 1999 to respond to the increase in anti-transgender violence ending in death. Last year, the Day of Remembrance was honoured in 110 places and 8 countries. For additional information, please visit:
Souvenons-nous de Nos Morts (Remembering Our Dead) est un projet de la
Gender Education & Advocacy, Inc.
Remembering Our Dead is a project of Gender Education & Advocacy, Inc.
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La Vice-présidente, Joëlle-Circé Laramée, a fondé un nouveau groupe en collaboration avec OII.
The vice president, Joëlle-Circé Laramée, founded a new group in collaboration with OII.
Être une Femme/Who is a Woman
Description du groupe
Group description
Un groupe dédié à l'acceptation des femmes intersexuées et transexuées par leurs sœurs au quotidien. Nous désirons aider via l'éducation, les groupes, organisations et associations de femmes, à comprendre le vécu de ces femmes nées différemment. Nous sommes prêtes à aller vers ces groupes afin de donner des ateliers et échanger avec leurs membres. Je demeure à Montréal et peux me déplacer à l'intérieur du Québec. Je suis à la disposition des associations de femmes, féministes, lesbiennes, classes d'Universités et de CÉGEPS ainsi qu'à tout autre groupe désirant mieux comprendre et être plus tolérant avec les femmes comme nous.
A group dedicated to the acceptance of Intersex & Transsex women by their sisters in all walks of life. We wish to help educate all Women's groups, orgs, and associations as to the reality of women born differently. We are willing to go into groups and give talks and exchange with members of any Women's group. I am based in Montreal, Canada and can move around the province if necessary. I'm available for university classes, Lesbian and feminists groups and basically any group wanting to better understand and be more accepting and inclusive of women like us.
S'inscrire à Etre une femme To join Who is a woman
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PHOTOS


Julie-Anne Driver, André Fiset et Dany

Vleminckx avant le grand Défilé de la Fierté

Julie-Anne Driver, André Fiset and Dany


Vleminckx before the big Pride Parade











Joëlle et André avant le défilé











Joëlle and André before the parade

Dany Vleminckx, Joëlle Circé-Laramée,
Julie-Anne Driver et André Fiset dans le défilé

Dany Vleminckx, Joëlle Circé-Laramée,
Julie-Anne Driver and André Fiset in the parade
Senator Moynihan, le chiot de Curtis était trop jeune cette année,
mais il sera des nôtres l’année prochaine. Il aime les Gay Prides.











Senator Moynihan, Curtis’ puppy was too young to attend this











year,but he will be with us next time. He loves Gay Pride.















HEDWIG AND THE ANGRY INCH
LA PREMIERE EN FRANCE
Vincent Guillot, Porte-parole de l'OII pour l'Europe est fier de collaborer avec l'Equipe d'Hedwig
comme responsable action sociale,
car il s'agit d'un projet de culture solidaire. Pour plus d'infos, voir:
Vous pouvez aussi contacter Vincent Guillot à:











Séminaire à l’Université de Lausanne Suisse
A la demande de Cynthia KRAUS, nous avons participé en tant qu’activiste Intersexe au séminaire sur l’intersexualité qu’elle anime. Y étaient présent en grande majorité des pédopsychiatres qui dans leur pratique suivent des enfants intersexes. Le soir nous avons également rencontré un chirurgien qui opère ces enfants. Après avoir brossé un panorama de l’activisme intersexe dans le monde et parlé des actions de l’OII, j’ai donné une définition de l’intersexualité (cf. article joint). Puis lors de la question il fut essentiellement sujet de l’opportunité des opérations chez les enfants en bas age et sur la façon de parler aux familles puis aux sujets eux même. Nous avons insisté sur le fait qu’il faut dire les choses, simplement que nous ne sommes qu’une variation normale du genre humain et que reporter les opérations à l’age normal de la puberté ne semble pas la meilleure solution. Nous avons largement insisté sur le fait que l’enfant doit être accepté comme il est, qu’il faut lui dire dès son plus jeune age que ce sera lui qui se choisira et que dans la sphère du privé, il faut lui laisser l’entière liberté de ses choix de vie. Sur la question du « choix » du sexe, nous n’avons semble t il pas été entendu ou n’avons-nous pas suffisamment insisté sur le fait qu’à 14 ans et même plus tard, il est souvent de l’ordre de l’impossible de dire sincèrement qui on est, notamment en raison des pressions normalisantes de la famille et des médecins, de faire un choix si choix il devait y avoir et que la ressemblance des organes génitaux avec les conventions habituelles n’est pas forcément une obligation. Ce qui est très positif est le fait que le corps médical suisse s’interroge sur la nécessité d’opérer en très bas âge et reporte généralement cette échéance ; Enfin nous avons longuement abordé la notion de traumatisme (cf. article joint) et le rôle de l’hormonothérapie de substitution qui ne se borne pas comme trop souvent le corps médical le pense à la construction d’un phénotype conforme mais est source de bouleversements permanents de nos sens et de nos perceptions.
Nous resterons en contact avec les participants de cette journée et revoyons courant juin Cynthia KRAUS afin d’entamer les préparatifs d’un colloque ou séminaire international l’an prochain en France et ou en Suisse.








37 rue Saint Fargeau
75020 PARIS
SIRET 452 397 649 00016
Licence d’entrepreneur du spectacle n° 75 000 30
Tel & Fax : 08 71 72 46 07
Dimanche 16 juillet à partir de 18h30
Apéritif Chanté à la Petite Vertu !
Nous recommençons et tout le monde est bienvenu sans complexe, sans grosse tête, il s’agit de se faire plaisir, que l’on soit pro ou que l’on chante faux.
Venez nombreux, ici c’est friendly tout simplement avec pour seule finalité de partager un bon moment.
Ceux et celles qui jouent d’un instrument peuvent l’amener et pour les pianistes il y a ce qu’il faut sur place. Pour les autres votre organe est largement suffisant.
Nous amenons les carnets de chant et les partitions pour les musiciens !
Ps : Le lieu est aussi un restaurant !
Pour tout renseignement, vous pouvez joindre Vincent Guillot au 0666446079
ou Françoise Montenot au 0140960136
ON COMPTE SUR VOUS !
La Petite Vertu, rue des Vertues, Metro arts et métiers

OUTGAMES – MONTRÉAL 2006
Atelier sur l'intersexualité
par l'Organisation Internationale des Intersexué-e-s
Date: le 29 juillet 2006
Heure: de 11 :00 à 12 :30.
Où: Salle 512-F du Palais des congrès de Montréal.
Thème 
La diversité de la communauté LGBT
Sous-thème
Les enjeux des transgenres, transsexuels et intersexués
Nous proposons un atelier sur les pratiques médicales et juridiques en vigueur dans les pays occidentaux qui effectuent des mutilations génitales chez les enfants intersexués, souvent suivies de traitements hormonaux, afin de les rendre « normaux ». Ce processus de « normalisation » des enfants intersexués, sans leur consentement, est sanctionné par la plupart des pays pour assurer le maintien de la construction binaire du sexe. Cette construction bipolaire des sexes n'est pas naturelle. Elle est plutôt arbitraire, puisque la diversité biologique est telle que l'on observe une grande variété de sexes possibles qui s'échelonnent sur un spectre de façon graduelle où l'un chevauche imperceptiblement l'autre, ce qui rend toute détermination précise du sexe d'un individu problématique. Nous parlerons de cette construction binaire qui nous opprime tous et de l'effet d'un tel système mutilateur, qui se perpétue entre autres grâce à l’homophobie et au sexisme, sur les hermaphrodites ainsi que sur l’ensemble de la population.
Joëlle-Circé Laramée, vice-présidente, Organisation Internationale des Intersexué-e-s (Canada)
Curtis Hinkle, président, Organisation Internationale des Intersexué-e-s (USA)
Lucie Gosselin, Organisation Internationale des Intersexué-e-s (Canada)
Langues: français et anglais

À qui appartiennent nos corps ?
Les droits humains et les personnes intersexuées
Conférence donnée par l’Organisation Internationale des Intersexué-e-s
juillet 2006 à Montréal
A l’occasion des Outgames
Nous proposons un atelier sur les pratiques médicales et juridiques en vigueur dans les pays occidentaux qui effectuent des mutilations génitales chez les enfants intersexués, souvent suivies de traitements hormonaux, afin de les rendre « normaux ». Ce processus de « normalisation » des enfants intersexués, sans leur consentement, est en usage par la plupart des pays pour assurer le maintien de la construction binaire du sexe, c’est-à-dire des deux catégories exclusives « homme » et « femme ». Cette construction bipolaire des sexes n'est pas naturelle. Elle est plutôt arbitraire, puisque la diversité biologique est telle que l'on observe une grande variété de sexes possibles qui s'échelonnent sur un spectre de façon graduelle où l'un chevauche l’autre imperceptiblement, ce qui rend toute détermination précise du sexe d'un individu problématique. Nous parlerons de cette construction binaire qui se perpétue autres grâce à l’homophobie et au sexisme et qui nous opprime tous et des conséquences d'un tel système mutilateur sur les hermaphrodites ainsi que sur l’ensemble de la population.
• A qui appartient votre corps ?
C’est une question qui nous semble un peu absurde a priori, la réponse nous apparaît évidente et pourtant…. c’est une question fondamentale aujourd’hui, spécialement pour les personnes intersexuées.
• Qui est intersexué-e ?
Nous sommes tous et toutes né-e-s dans un système où on définit notre identité de sexe à partir de notre corps. Il faut avoir un corps masculin ou féminin, il n’existe aucune autre possibilité. Ce pouvoir de déterminer le sexe d’un individu qu’ont les médecins et le système juridique est lourd de conséquences pour la vie et l’avenir de tous les enfants et pas seulement les enfants nés intersexués. Mais parlons de la naissance d’un enfant avec des organes génitaux atypiques. Le corps de cet enfant ne lui appartient pas parce que c’est un point d’interrogation face au système binaire qui stipule que tout le monde doit être de sexe féminin ou de sexe masculin. Cette naissance constitue pour les parents et les médecins une urgence sociale qui devient immédiatement une urgence médicale dans la plupart des pays occidentaux où il y a une technologie biomédicale de normalisation des corps. Cette décision arbitraire d’assigner un sexe ou l’autre à l’enfant intersexué est associée avec beaucoup d’autres traitements qui dans le passé, et même aujourd’hui jusqu’à un certain point, normalisent aussi le genre et l’orientation sexuelle pour l’enfant. On normalise le corps avec des interventions chirurgicales dans le but de pouvoir insérer ce corps dans le système hétérosexuel où, par exemple, la personne ayant un corps de sexe féminin aura une identité de femme et une sexualité hétérosexuelle.
• L’homophobie sous-jacente des traitements ?
Le traitement des intersexués (hermaphrodites) est un symbole révélateur des mesures prises par les autorités pour maintenir l’hétérosexualité obligatoire dans nos sociétés. Le traitement actuel des enfants intersexués consiste à rendre leurs corps "convenables" pour le coït hétérosexuel par des interventions chirurgicales, c'est-à-dire des mutilations, suivies de prises d’hormones souvent pour la vie entière avec tous les problèmes que cela entraîne. Tout ceci afin de forcer nos corps à entrer par la force dans un système qui nous rejette et auquel on ne peut se conformer.
• Le grand problème des personnes nées avec une condition intersexuelle est la division arbitraire de sexe et du genre dans deux catégories.
Il n'y a pas seulement deux catégories de sexe préexistantes. On accepte souvent que le genre soit une construction sociale, en effet des rôles sociaux différents sont associés aux hommes et aux femmes dans différentes sociétés ou différents groupes sociaux mais l'étude des intersexués révèle que le sexe est aussi une construction sociale. De plus en plus, on se rend compte qu'il y a des parties du corps autre que le système de reproduction qui sont aussi "sexuées" -- les gènes, le cerveau, même la longueur des doigts. Le problème est que chaque fois que nous découvrons une différence, nous la classons invariablement dans le système arbitraire binaire de mâle/femelle, malgré l'évidence d'étapes intermédiaires et un vaste éventail de possibilités de combinaisons de toutes "les parties" entre elles, c’est-à-dire un continuum. Au fur et à mesure que la science moderne découvrira de plus en plus de parties du corps désignées comme mâle ou femelle, on se rendra compte de l'absurdité de la supposition que chaque personne est mâle ou femelle.
• Pourquoi disons-nous que l’intersexualité est une question relevant des droits de la personne ?
Tout le monde est affecté par cette logique binaire de conformité des sexes et pas seulement les personnes que les professionnels désignent comme étant de sexe "ambigu". Mais pourquoi un corps d’enfant intersexué devient-il un corps malade qui doit être traité ? Pourquoi est-ce que le système médical devrait avoir le droit de faire des interventions permanentes sur un corps sans le consentement de la personne en question ? Et pourquoi est-ce que les parents qui souvent ne sont pas bien informés des conséquences de ces interventions ont-ils le pouvoir de consentir à de telles interventions ? Qui devrait avoir le droit de décider quel sexe le corps aura : les médecins, les parents ou les personnes elles-mêmes ? Est-ce le confort des parents ou celui des enfants qui dominent la réflexion à ce sujet ? Il faut agrandir le choix, sortir du système binaire imposé. Pour l’OII, il est essentiel que ce soit la personne elle-même et donc l’enfant devenu suffisamment adulte qui doit décider s’il désire la normalisation de son corps et, si oui, vers quel sexe. Les opérations de normalisation présentement effectuées sur les enfants naissant intersexués s’apparentent aux mutilations génitales effectuées dans certains autres pays afin de se conformer à la tradition. Dans les deux cas, ici et là-bas, il s’agit de se conformer aux croyances sur la normalité du sexe.
• Devons-nous accepter des définitions rigides, biologiques et essentialistes pour l'intersexualité ?
Si on accepte une définition biologique fixe, on ne fait que créer une autre identité "statique" déterminée par les professionnels médicaux qui sont déjà partie intégrante du système hétérosexiste qui prédomine dans nos sociétés. Sans créer une troisième catégorie fixe ou essentialiste, l'intersexualité doit être une option, une d'être et une possibilité pour n'importe qui. De même que nous n'avons pas vraiment une définition claire et "statique" pour ce qu'est une femme ou un homme, on ne peut jamais s'attendre à trouver une définition exacte de ce qu'est une personne intersexuée. Beaucoup de personnes dans la communauté intersexuée revendiquent le droit de s'identifier comme homme ou femme sans égard à leurs organes génitaux ou autres facteurs biologiques. Si nous, nous revendiquons ce droit, pourquoi croire que c'est un droit qu'on devrait accorder seulement à une petite minorité et pas à tout le monde? Ce que nous souhaitons, c’est que toutes les personnes puissent revendiquer de vivre ce que nous appelons l’intergenre, un continuum fluide entre le féminin et le masculin sans frontière fixe entre les catégories.
• L'Organisation Internationale des Intersexué-e-s s'opposent à toute classification de l'intersexualité comme une condition pathologique. Nous ne sommes pas malades parce que nous sommes intersexué-e-s.
Définir l'intersexualité comme une pathologie médicale est un piège très dangereux pour les intersexué-e-s car cela laisse entendre qu'on devrait les traiter et les "guérir." Être intersexué-e ou intergenre est une possibilité existentielle parmi d'autres qui contribue à la déconstruction du système binaire homme/femme, homo/hétéro qui nous opprime tous.
• C’est le corps qui est à la base de l’édifice du sexe, du genre et de l’orientation sexuelle.
Dans le système binaire qui est la construction fondamentale du patriarcat, aucune ambiguïté n’est permise car autrement le système sexiste, oppressif et misogyne serait tout à fait déstabilisé. Il y a donc le corps qui devient la justification de base pour définir tout ceux et celles qui sont privé-e-s du privilège de la normalité. Toute personne qui a un corps de femme aura plus de privilège de normalité si elle a une identité de femme et qu’elle est féminine et hétérosexuelle et la même chose pour les hommes. Toute personne qui n’a pas l’orientation sexuelle attendue -l’hérérosexualité naturellement- par rapport au sexe attribué en fonction de son corps à la naissance est privée de ce privilège de normalité et toute personne qui a une identité de genre qui ne correspond pas au sexe attribué à la naissance est aussi privé de ce privilège peu importe sa sexualité.
Le système médical est l’institution qui assure le privilège de normalité aux personnes qui profitent de ce système hétéropatriarcal. Il est essentiel que le corps d’une personne appartienne à l’État afin de sauvegarder ce système. Ce que nous avons tous en commun, les personnes qui appartiennent à la communauté LGBTI c’est que le corps et l’attribution de sexe à la naissance nous ont tous enlevé ce privilège de normalité dont profitent les hommes et les femmes qui eux ont le privilège d’être normal. Sans la normalisation des corps, le système s’écroulera. Donc les intersexué-e-s doivent être considérées comme des hommes ou des femmes avec des problèmes médicaux qu’on peut et doit traiter même sans leur consentement afin que le système puisse se perpétuer et ne pas être remis en question.
• En conclusion, ce qui est important, c'est que nous soyons des "personnes" avant tout, que nous établissions des rapports d’égalité avec les autres en tant que "personnes" et que nous accueillions la diversité comme partie intégrante du monde naturel.
La communauté des intersexué-e-s semble être pris dans un engrenage du pouvoir médical systémique qui rend toute visibilité sociale impossible. Comme homosexuelle, vous avez vécu cette invisibilisation dans le passé, et encore aujourd’hui dans de nombreux pays, ainsi que ce manque du privilège de la normalité.
Par rapport aux homosexuel-le-s, nous les intersexué-e-s, sommes avant Stonewall, nous sommes toujours considéré-e-s comme des malades qui souffrent d’une pathologie et aujourd’hui, nous vous demandons de nous aider et de vous solidariser avec nous. Nous avons besoin de votre solidarité afin d’être considérées comme des vraies personnes à part entière avec une visibilité sociale dans nos pays et nos cultures.