Sur les soins de santé

Nos sociétés ont accepté une construction binaire entre le sexe masculin et le sexe féminin qui ne reflète pas la réalité naturelle et la grande variété de sexes possibles qui s'échelonnent sur un spectre de façon graduelle où l'un chevauche imperceptiblement l'autre. Cette notion arbitraire de la binarité du sexe rend toute détermination précise du sexe d'un individu impossible et problématique. Ni les organes génitaux, ni les chromosomes ne nous aident à déterminer le "vrai" sexe d'un enfant.  Les gonades, les hormones et l'appareil reproducteur interne de l'enfant ne sont pas fiables non plus comme indicateurs concluants du sexe de l'individu.  Chaque enfant est né avec une combinaison unique de tous ces facteurs et les différentes combinaisons possibles sont très nombreuses, ce qui rend toute assignation de sexe d'un enfant une simple conjecture.

Nous militons contre tous les traitements de normalisation sans le consentement éclairé des enfants intersexués qui ne soient pas nécessaires et nous militons pour le droit de chaque enfant de déterminer sa propre identité sexuée une fois que l'enfant peut nous la communiquer et nous conseillons aux parents de respecter l'identité de leur enfant et de faire tout ce qui est nécessaire pour que l'enfant puisse vivre selon son choix.

Une fois que l'enfant nous a communiqué clairement son identité sexuée, il est essentiel que son identité soit respectée et par les parents et par tous les médecins et thérapeutes qui soignent l'enfant.  On devrait  l'aider en lui donnant accès aux hormones à la puberté et aux autres soins médicaux nécessaires pour faciliter le choix d'identité sexuée qui lui semble la plus appropriée à l'enfant.

Par conséquent, nous militons en faveur d'un changement du protocole médical en ce qui concerne les traitements de normalisation sans le consentement éclairé des personnes concernées et contre le diagnostic de dysphorie de genre souvent nécessaire si une personne intersexuée n'est pas en accord avec le sexe qu'on lui a attribué.  L'Organisation Internationale des Intersexué-e-s postule que le vrai sexe de l'enfant est déterminé par son propre vécu psychologique et d'autres facteurs importants.  Pour l'OII, toute imposition d'identité sexuée sans le consentement de la personne intersexuée est une violation fondamentale des droits humains.

                                                                                                                                           POSITIONS OFFICIELLES
Sur un troisième sexe

La création d'une nouvelle catégorie qu'on désigne comme intersexuée pose plusieurs problèmes. D'abord, comment définir l'intersexualité? OII croit qu'il n'y aura jamais une définition claire et en même temps que ce n'est pas nécessaire d'avoir une définition juridique pour l'intersexualité. Nous n'avons pas de définitions claires pour ce qu'est une femme ou un homme. Nous supposons seulement que c'est le cas.

Le but de l'OII est de travailler en faveur des droits humains pour les intersexué-e-s en aidant les gens à comprendre qu'il n'y a pas seulement deux sexes préexistants. Il y a une combinaison infinie de possibilités sur le spectre du sexe et du genre.

La création d'une catégorie spécifique pour les intersexué-e-s risque de marginaliser encore plus une catégorie déjà mal comprise. Nous fondons nos arguments juridiques sur le droit de chaque personne de déterminer sa propre identité dans le système binaire actuel dans l'espoir de pouvoir éventuellement mettre fin au fait d'imposer un sexe juridique aux individus.