Organisation Internationale des Intersexes

Actualités:  Sur cette page vous trouverez des articles en français sur les questions IS et d'autres articles qui ont un impact sur les intersexes.
29 octobre 2007:  Menace d’expulsion sur une personne brésilienne de 22 ans: Vincent Guillot intervient auprès des autorités du CRA de Saint-Jacques-de-la-Lande (Rennes) au nom de l'OII pour aider une personne intersexuée

8 octobre 2007:  Des manifs, à Paris et à Barcelone, pour les droits des trans.

8 octobre 2007:  400 manifestants contre la psychiatrisation des trans

3 octobre 2007:  France : La 11ème marche de Existrans sous le slogan de Résistrans













La réhabilitation de Foekje Dillema
Publié: 13 décembre 2007

Traduit du néerlandais par Curtis E. Hinkle, fondateur de l’OII

Rotterdam, le 13 décembre. La semaine dernière (KNAU) l’Union Sportive [Néerlandaise] a réhabilité la réputation de l’athlète Foekje Dillema (81 ans) après sa mort. Hier à Kollum le directeur de l'association, Rien van Haperen, dans une conversation personnelle avec Foeke Dillema, qui représentant les membres de la famille de la défunte, a fait des excuses pour la manière dont KNAU a traité l'ancienne athlète après qu'elle a échoué à un test pour déterminer son sexe en 1950.

• Nécrologie - De schandalige seksetest van Foekje (en néerlandais)
http://www.nrc.nl/sport/article849670.ece/De_schandalige_seksetest_van_Foekje

Aussi, il a promis que les résultats de Foekje Dillema resteraient pour toujours dans la liste de classements. Et en outre Van Haperen a promis de faire placer une couronne sur sa tombe de la part de KNAU.

Foekje Dillema a été expulsée en 1950 de toutes les compétitions féminines à cause des résultats de ce test qui “prouvait” qu’elle était de sexe masculin. Les résultats étaient très controversés et Fanny Blankers-Koen et son entraîneur (qui était aussi son mari) sont soupçonnés d’avoir joué un rôle douteux dans cette affaire. Pour eux, Foekje Dillema, qui avait battu tous les records dans la course de 200-mètres en 24.1 secondes, un record sensationnel, était une concurrente (indésirable).

La conversation conciliante [avec des excuses de la part de KNAU] à Kollum a été organisée en conséquence d’initiatives de la part des membres de la famille. Pour Van Haperen, cette occasion était libératrice et expiatoire. Le directeur a admis que KNAU s’était tourmentée pour cette question pendant des années mais sans rien faire. Il n’est pas allé jusqu’à présenter des excuses pour le test. « Nous ne pouvons pas faire cela parce qu’on doit prendre en considération le contexte historique. Selon les règles actuelles, Foekje Dillema aurait pu participer aux compétitions. Cependant nous nous sommes excusés pour la manière dont nous l’avons traitée par la suite. »

Selon Van Haperen, la raison pour laquelle l’association n’a eu aucun contact avec Foekje Dillema pendant toutes ces années est qu’elle était trop affectée émotionnellement par cette question. Le médecin de l’association, Els Stolk, a tenté de nombreuses fois mais Foekje a refusé chaque fois.

L’Union Sportive (KNAU) n’a pas assisté aux funérailles non plus. Selon Van Haperen, ce n’est pas parce que l’association ne voulait pas mais à cause d’un malentendu. Il parait que la famille Dillema ait envoyé l’annonce de sa mort à l’ancienne adresse de l’association. Kollumerland a l’intention d’honorer Foekje Dillema avec une plaque commémorative qui sera placée à Burum, son village natal.

http://www.nrc.nl/sport/article858185.ece/Eerherstel_voor_Foekje_Dillema
Malgré nos nombreux mails, TÊTU continue de dire que c'est un gay alors que dès le premier communiqué de presse de l’OII en France, nous leur avons dit qu'il s'agit d'unE intersexe.

Cela s'appelle de la désinformation.  C'est une invisibilisation de leur part.

Pour comprendre un peu mieux, nous vous invitons à lire:

10 idées fausses sur l'intersexuation

3. L’intersexuation a un rapport avec homosexualité (oui et non, mais c'est difficile à prouver)

Les raisons sous-jacentes de considérer l'intersexuation comme une pathologie et de suggérer des traitements qui sont souvent barbares sont très vraisemblablement le résultat de l'homophobie. Cependant, il n'y a rien dans l'intersexuation en soi qui induirait quelqu'un à penser qu'intersexuation et homosexualité sont la même chose ou sont directement liées. Il est très possible qu'il y ait des liens mais les raisons physiologiques ne sont pas encore totalement comprises.

Ce qui est important à comprendre, c'est que beaucoup de personnes intersexuées s'identifient comme gays ou lesbiennes. En même temps, beaucoup d'adultes intersexués trouvent que le concept même de l'homosexualité ne s'applique pas à leur perception de soi-mêmes. De plus en plus de personnes intersexuées se sentent à l'aise avec une identité de genre intersexe, qui, nous le ressentons, décrit plus précisément notre propre perception. Le modèle construit par la société d'éroticisme qui est proposé par de nombreuse cultures, et qui divise les gens entre homosexuel et hétérosexuel, efface notre indenté. Même la bisexualité qui a été accepté avec répugnance prolonge l'idée de deux genres seulement par l'emploi du préfixe "bi" qui signifie "les deux". Par expérience, j'ai été amené à comprendre qu'il y a des gens qui sont attirés par des personnes androgynes, par des femmes "masculines" ou des hommes "féminins". Et par dessus tout, qu'est-ce qui est le sexe opposé d'une personne intersexe, qui indique clairement qu'elle est intergenre?

























TÊTU : Une grande déception

Commentaires de Curtis Hinkle et P. Derelle de l'Organisation Internationale des Intersexes

En tant que personne intersexuée avec la même variation intersexuelle que le personnage dans le film XXY, je suis choquée de la désinformation continue de TÊTU sur les intersexes.  Ce n’est pas la première fois que TÊTU s’obstine à marginaliser et invisibiliser les personnes intersexuées.

J’ai lu la revue critique du film XXY de TÊTU et je pense qu’il est de mon devoir de corriger certaines erreurs dans leur petit article qui donne une idée irrationnelle et bizarre des intersexes.  Et je comprends fort bien pourquoi la rédaction de TÊTU a été déçue de ce film.  Ils n’ont pas du tout la capacité de voir plus loin que leur propre reflet dans les personnages, ce qui est évident par leur choix de mots et leur analyse du film.  Ils sont aveugles et sourds à la diversité sexuelle et ont réduit le thème de ce film aux thèmes queers et homos.  Cependant, ce n’est pas du tout le sujet du film.  Il s’agit de l’intersexualité.

TÊTU dit que le personnage intersexe du film a deux sexes en sa possession.  Personne que je connais n’a deux sexes en sa possession.  C’est impossible.  Alex a son propre sexe et TÊTU est sexiste à mon avis car ils nous font croire que c’est Alex qui crache sur la norme.  Ils disent qu’ille refuse de faire un choix. Au contraire !  C’est Alex qui balance ses cachets de corticoïdes. Ille a fait un choix.  Le choix d’être soi.  

La réalisatrice, Lucia Puenzo, ne crache pas sur la norme, mais elle montre la révolte d'unE adolescentE qui en a marre qu'on lui impose de prendre des cachets.

Elle se regarde dans la glace, se compare aux autres et veut sans doute tester son corps à l'état naturel, sans médicalisation.

Dans ce film il s’agit d'être libre de la contrainte et du désir d'un adolescent sur le thème de l'intersexualité.

Pour lire la revue critique de TÊTU
http://www.tetu.com/rubrique/sorties/cinema.php?id=290


GROSSESSES CHEZ DES FEMMES XY:
Le XY (et z de) LA CLASSIFICATION FÉMININE
Par M. Italiano, chercheur
Traduit par Curtis E. Hinkle, fondateur de l'OII
Copyright (c) 2002 Gendercare.com. Tous droits réservés.

Version anglaise : http://www.gendercare.com/library/italiano_paper3.html

On nous a appris à l'école primaire que le sexe d'une personne est en fin de compte déterminé et défini par ses chromosomes sexuels. Si vous avez un caryotype XX, votre "vrai sexe" est féminin. Si vous avez un caryotype XY, votre "vrai sexe" est masculin.

Cependant, les études qu'on a conduites récemment démontrent que c'est loin de la vérité. (1)

Bien que certaines personnes citent les cas des personnes XY avec le syndrome d'insensibilité aux androgènes, qui ont une apparence féminine pour justifier une taxonomie qui comprend certaines personnes XY comme « femelles » (2)

il faut tout de même expliquer qu'elles ont des testicules et n'ont pas d'utérus ce qui ne convainc pas d'autres chercheurs qu'elles sont « femelles » et ils continuent de les classifier comme « mâles » (3),

ou d'utiliser le terme « pseudo-hermaphrodite mâle ». La cessation des tests de féminité aux Jeux Olympiques nous aide à comprendre qu'une définition du sexe par les chromosomes est problématique. (4)

Cependant, un autre syndrome, la dysgénésie gonadique XY et les cas d'inversion sexuelle 46,XY (1) sont si convaincants qu'on doit considérer certaines personnes avec un chromosome Y comme femelle.

Pourquoi ? Parce que certaines femelles humaines XY ont donné naissance à un enfant. (5,6,7,8)

On sait maintenant que ce n'est pas le chromosome Y en soi qui définit le sexe masculin. C'est plutôt une interaction complexe entre les gènes chromosomiques X et Y avec les produits génétiques sur les chromosomes non-sexuelles qui définit le sexe masculin. (9,10)

Autrement dit, c'est XY, plus z (z étant une variable de n'importe quel nombre de circonstances complémentaires).

Une perturbation de n'importe lequel de ces gènes, ou des influences environnementales, peuvent déclencher une réaction en chaîne et une personne XY deviendra femelle avec un utérus et une anatomie exclusivement féminine, capable de donner naissance à un enfant. Bien que le tissu ovarien de ces femmes dégénère prématurément (11), quand elles reçoivent des œufs d'une donneuse, on a constaté qu'elles ont donné naissance à un enfant (5,8) aux jumeaux (6) et même ont eu plus d'une grossesse successive.  Donc, nous avons des données qui prouvent un nouveau fait incontestable : XY peut parfois égaler femelle.

Addenda :
D'autres cas rapportés après cet article. Dans ces deux cas, les ovaires produisent des œufs.  
Cas 8 (Tableau 1)
http://www.cmj.org/periodical/PaperList.asp?id=LW9058

Cette femme a eu deux grossesses.
jcem.endojournals.org/cgi/content/short/jc.2007-2155v1

REFERENCES

1) Lopez-Lopez, M. (1998) Genetic heterogeneity and phenotypic variability in 46,XY sex reversal. (Article in Spanish). Rev. Invest. Clin., Mar-Apr;50(2):171-176.

2) Ahlquist, J.A.O. (1994) Gender Identity in Testicular Feminization. Response 1 Phenotypically, anatomically, legally, and socially female. Brit. Med. J., Apr; 308(16):1041-1042.

3) Greer, G. (1999) The Whole Woman. Doubleday Publications., U.K.

4) Stephenson, J. (1996) Female Olympians' sex tests outmoded. J. Amer. Med. Assoc., 276:177-178.

5) Frydman, R. et. al. (1988) Pregnancy in a 46 XY patient. Fertil. Steril., 50:813-814.

6) Sauer, M.V., et. al. (1989) Successful twin pregnancy after embryo donation to a patient with XY gonadal dysgenesis. Amer. J. Obstet. Gynecol., 161:380-381.

7) Kan, A.K.S., et. al. (1997) Two successful pregnancies in a 46, XY patient. Hum. Reprod.,12(7):1434-1435.

8) Selvaraj, K., et. al. (2002) Successful pregnancy in a patient with a 46, XY karyotype. Fertil. Steril., Aug.; 78(2):419-420.

9) Raymond, C.S., et. al. (1999) A region of human chromosome 9p required for testis development contains two genes related to known sexual regulators. Hum. Mol. Genet., June; 8(6):989-996.

10) Tommerup, N., et. al. (1993) Assignment of an autosomal sex reversal locus (SRA1) and campomelic dysplasia (CMPD1) to 17q24.3-q25.1. Nature Genetics, 4:170-174.

11) Cussen, L.J. & MacMahon (1979) Germ Cells and Ova in Dysgenetic Gonads of a 46-XY Female Dizygotic Twin. Amer. J. Dis. Child., April; 133:373-375.