TÊTU : Une grande déception
Commentaires de Curtis Hinkle et P. Derelle de l'Organisation Internationale des Intersexes
En tant que personne intersexuée avec la même variation intersexuelle que le personnage dans le film XXY, je suis choquée de la désinformation continue de TÊTU sur les intersexes. Ce n’est pas la première fois que TÊTU s’obstine à marginaliser et invisibiliser les personnes intersexuées.
J’ai lu la revue critique du film XXY de TÊTU et je pense qu’il est de mon devoir de corriger certaines erreurs dans leur petit article qui donne une idée irrationnelle et bizarre des intersexes. Et je comprends fort bien pourquoi la rédaction de TÊTU a été déçue de ce film. Ils n’ont pas du tout la capacité de voir plus loin que leur propre reflet dans les personnages, ce qui est évident par leur choix de mots et leur analyse du film. Ils sont aveugles et sourds à la diversité sexuelle et ont réduit le thème de ce film aux thèmes queers et homos. Cependant, ce n’est pas du tout le sujet du film. Il s’agit de l’intersexualité.
TÊTU dit que le personnage intersexe du film a deux sexes en sa possession. Personne que je connais n’a deux sexes en sa possession. C’est impossible. Alex a son propre sexe et TÊTU est sexiste à mon avis car ils nous font croire que c’est Alex qui crache sur la norme. Ils disent qu’ille refuse de faire un choix. Au contraire ! C’est Alex qui balance ses cachets de corticoïdes. Ille a fait un choix. Le choix d’être soi.
La réalisatrice, Lucia Puenzo, ne crache pas sur la norme, mais elle montre la révolte d'unE adolescentE qui en a marre qu'on lui impose de prendre des cachets.
Elle se regarde dans la glace, se compare aux autres et veut sans doute tester son corps à l'état naturel, sans médicalisation.
Dans ce film il s’agit d'être libre de la contrainte et du désir d'un adolescent sur le thème de l'intersexualité.
Pour lire la revue critique de TÊTU
GROSSESSES CHEZ DES FEMMES XY:
Le XY (et z de) LA CLASSIFICATION FÉMININE
Par M. Italiano, chercheur
Traduit par Curtis E. Hinkle, fondateur de l'OII
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On nous a appris à l'école primaire que le sexe d'une personne est en fin de compte déterminé et défini par ses chromosomes sexuels. Si vous avez un caryotype XX, votre "vrai sexe" est féminin. Si vous avez un caryotype XY, votre "vrai sexe" est masculin.
Cependant, les études qu'on a conduites récemment démontrent que c'est loin de la vérité. (1)
Bien que certaines personnes citent les cas des personnes XY avec le syndrome d'insensibilité aux androgènes, qui ont une apparence féminine pour justifier une taxonomie qui comprend certaines personnes XY comme « femelles » (2)
il faut tout de même expliquer qu'elles ont des testicules et n'ont pas d'utérus ce qui ne convainc pas d'autres chercheurs qu'elles sont « femelles » et ils continuent de les classifier comme « mâles » (3),
ou d'utiliser le terme « pseudo-hermaphrodite mâle ». La cessation des tests de féminité aux Jeux Olympiques nous aide à comprendre qu'une définition du sexe par les chromosomes est problématique. (4)
Cependant, un autre syndrome, la dysgénésie gonadique XY et les cas d'inversion sexuelle 46,XY (1) sont si convaincants qu'on doit considérer certaines personnes avec un chromosome Y comme femelle.
Pourquoi ? Parce que certaines femelles humaines XY ont donné naissance à un enfant. (5,6,7,8)
On sait maintenant que ce n'est pas le chromosome Y en soi qui définit le sexe masculin. C'est plutôt une interaction complexe entre les gènes chromosomiques X et Y avec les produits génétiques sur les chromosomes non-sexuelles qui définit le sexe masculin. (9,10)
Autrement dit, c'est XY, plus z (z étant une variable de n'importe quel nombre de circonstances complémentaires).
Une perturbation de n'importe lequel de ces gènes, ou des influences environnementales, peuvent déclencher une réaction en chaîne et une personne XY deviendra femelle avec un utérus et une anatomie exclusivement féminine, capable de donner naissance à un enfant. Bien que le tissu ovarien de ces femmes dégénère prématurément (11), quand elles reçoivent des œufs d'une donneuse, on a constaté qu'elles ont donné naissance à un enfant (5,8) aux jumeaux (6) et même ont eu plus d'une grossesse successive. Donc, nous avons des données qui prouvent un nouveau fait incontestable : XY peut parfois égaler femelle.
Addenda :
D'autres cas rapportés après cet article. Dans ces deux cas, les ovaires produisent des œufs.
Cas 8 (Tableau 1)
Cette femme a eu deux grossesses.
REFERENCES
1) Lopez-Lopez, M. (1998) Genetic heterogeneity and phenotypic variability in 46,XY sex reversal. (Article in Spanish). Rev. Invest. Clin., Mar-Apr;50(2):171-176.
2) Ahlquist, J.A.O. (1994) Gender Identity in Testicular Feminization. Response 1 Phenotypically, anatomically, legally, and socially female. Brit. Med. J., Apr; 308(16):1041-1042.
3) Greer, G. (1999) The Whole Woman. Doubleday Publications., U.K.
4) Stephenson, J. (1996) Female Olympians' sex tests outmoded. J. Amer. Med. Assoc., 276:177-178.
5) Frydman, R. et. al. (1988) Pregnancy in a 46 XY patient. Fertil. Steril., 50:813-814.
6) Sauer, M.V., et. al. (1989) Successful twin pregnancy after embryo donation to a patient with XY gonadal dysgenesis. Amer. J. Obstet. Gynecol., 161:380-381.
7) Kan, A.K.S., et. al. (1997) Two successful pregnancies in a 46, XY patient. Hum. Reprod.,12(7):1434-1435.
8) Selvaraj, K., et. al. (2002) Successful pregnancy in a patient with a 46, XY karyotype. Fertil. Steril., Aug.; 78(2):419-420.
9) Raymond, C.S., et. al. (1999) A region of human chromosome 9p required for testis development contains two genes related to known sexual regulators. Hum. Mol. Genet., June; 8(6):989-996.
10) Tommerup, N., et. al. (1993) Assignment of an autosomal sex reversal locus (SRA1) and campomelic dysplasia (CMPD1) to 17q24.3-q25.1. Nature Genetics, 4:170-174.
11) Cussen, L.J. & MacMahon (1979) Germ Cells and Ova in Dysgenetic Gonads of a 46-XY Female Dizygotic Twin. Amer. J. Dis. Child., April; 133:373-375.