Comment la transphobie de certainEs activistes risque d'entraîner une pathologisation des intersexes, d'aggraver la stigmatisation et de tuer l'activisme naissant des personnes concernées.

Qui est Alice Dreger?

  • une des activistes intersexes les plus connues aux Etats-Unis.
  • sur le conseil de l'ISNA (Intersex Society of North America) depuis plus d'une décennie.
  • Elle n'est pas intersexe mais avec Cheryl Chase, elle contrôle le mouvement intersexe aux Etats-Unis.
  • Elle était la coordinatrice des publications du Consortium sur la gestion des enfants avec des Désordres de Développement Sexuel (DSD)[1].
  • C'est elle et Cheryl Chase qui sont responsables de la vulgarisation du terme DSD.
  • Elle rejette toute identité hors du binaire homme/femme[2].

Une des principales activistes aux Etats-Unis, Alice Dreger, a commencé à promouvoir activement Anne Lawrence comme l'une des “autorités” au sujet des questions de transsexualité aux Etats-Unis. Sur son site elle recommande que toute personne intéressée par la transsexualité invite Anne Lawrence à pronconcer un discours. Ann Lawrence est très proche de J. Michael Bailey, un transphobe notoire et un eugéniste (qui est, par exemple en faveur d'un avortement sélectif des enfants homosexuels ). Mais ce qui est le plus insultant, c'est que Alice Dreger fait de la publicité pour quelqu'un qui décrit la transsexualité comme un comportement fétichiste —une paraphilie (c.a.d une perversion dans le langage des psychiatres). Selon cette théorie, la procédure de ré assignation de sexe fait que la personnes est excitée sexuellement par elle-même. De plus, J. Michael Bailey ose prétendre que toute personne transsexuelle qui contesterait sont affirmation est dans le déni de sa propre “réalité”.

La communauté transsexuelle s'est sentie insultée par les propos “absolus” de J. Michael Bailey, par le fait qu'il a assimilé l'ensemble de cette communauté aux quelques personnes prostituées qu'il a rencontré, par les méthode éthiques plus que douteuses qu'il a utilisé et par son refus absolu d'admettre que toutes les personnes transsexuelles ne correspondaient pas nécessairement à ce cas de figure. Des plaintes ont été déposées à la suite desquelles J. Michael Bailey a été démis de ses fonctions de doyen de la faculté de psychologie de l'Université Northwestern. On trouvera une description de cette lutte et une réfutation des propos d'Alice Dreger sur le site de Lynn conway . Aujourd'hui, il n'et pas clair que des personnes correspondant à ce cas de figure existent ailleurs que dans l'esprit des créateurs de cette théorie démente, une de plus, au sujet de la transsexualité. Tout le monde devrait comprendre les raisons pour lesquelles de nombreuses personnes intersexuées qui ont été féminisées de force durant leur enfance ressentent ces théories comme EXTREMEMENT insultantes. Faire la promotion d'un inividu qui décrit des traitements qui ont été infligés de force à nombre d'entre nous durant leur enfance comme un outil d'auto-excitation sexuelle a complètement détourné de nombreuses personnes intersexuées d'Alice Dreger.

D'autre part, faire la promotion d'une personne comme J. Michael Bailey qui a produit des publications sur les arguments légaux qui sont en faveur d'une pratique eugénique d'avortement sélectif des enfants homosexuels est d'autant plus inquiétant que J.Michael Bailey est actuellement impliqué dans des recherches sur les enfants intersexués avec Alice Dreger et le consortium DSD[2]. Or ce dernier est à la recherche d'un diagnostic prénatal de l'homosexualité et de la transsexualité. C'est d'autant plus effrayant que nombre de formes d'intersexualité peuvent déà faire l'objet d'un diagnostic prénatal. Le fait que l'une des principales activistes intersexes collabore avec de telles personnes est alarmant pour de nombreuses personnes intersexuées aux Etats-Unis.

Ceci est encore plus alarmant quand on découvre qu'une autre activiste célèbre de la communauté intersexuée qui a fondé le mouvement avec Cheryl chase, Kiira Triea, anime actuellement un site destiné aux autogynéphiles , pour autant qu'ils existent. Selon la théorie de J. Michael Bailey, il s'agirait des personnes qui seraient excitées sexuellement par une «féminisation forcée». Ce site a des liens vers celui d'Alice Dreger, afin de contribuer à la défense de J. Michael Bailey. Tous les activistes du groupe DSD aux Etats Unis ont des contacts étroits avec J. Michael Bailey et avec Ann Lawrence Et ils promeuvent activement cette théorie aberrante de la transsexualité comme étant le résultats de perversions fétichistes liées à une «féminisation forcée».

Les deux activistes intersexes qui ont contribué à créer la communauté intersexuée aux U.S.A Cheryl Chase et Kiira Triea ont été assignées au sexe masculin à la naissance et elles affirment actuellement une identité de femme. Elles ont toutes les deux un long passé de transphobie à mon avis. J'ai l'impression qu'elles n'ont pas de difficulté avec cette conception particulièrement aberrante de la transsexualité puisqu'elles acceptent la pathologie du transsexualisme et ne dénonce pas l'influence de Bailey dans la recherche sur les enfants intersexes et Kiira Triea contribue à faire un site pour la défense des idées de Bailey — une conception qui insulte la plupart des personnes intersexuées qui ont été assignées comme des femmes. Cela nous donne l'impression que nos propres histoires sont des excitants sexuels pour de telles personnes. Une telle confusion est très dangereuse pour la défense des droits des personnes intersexuées.

La transphobie fait des morts. Dans le cas particulier, elle est en train de tuer l'activisme intersexe aux Etats-Unis. Nous avons un groupe très présent sur la scène publique qui ne représente plus la communauté intersexe des Etats-Unis et qui est, en fait, devenu un groupes d'activistes du consortium DSD.

Aux Etats-Unis, notre communauté va être réduite à des désordres, des pathologies, des fétichismes sexuels, ainsi qu'à d'autres formes de stigmatisation.

J'espère que cela ne se produira pas en Europe.

Curtis Hinkle
Fondateur de l'OII

Notes:

[1] Un groupe de personnes tentent de faire intégrer les intersexes dans le manuel de psychiatrie étasunien (le DSM) sous l'étiquette pathologisante de “Disorders of Sexual Developpement”.

[2] Pour lire les idées d'Alice Dreger sur la construction binaire homme/femme: «Second, and much more importantly, we are trying to make the world a safe place for intersex kids, and we don't think labeling them with a gender category that in essence doesn’t exist would help them. (Duh, huh?)».
«Deuxièmement, le plus important pour nous est d’essayer de créer un monde où les enfants intersexués peuvent vivre en sécurité. Leur donner une étiquette de genre inexistante ne va pas les aider. (Duh, huh?)»
http://www.isna.org/faq/third-gender.
Contre l'intersexophobie et la transphobie de l'ISNA et Alice Dreger.

L'ISNA a beaucoup de contrôle sur la communauté médicale dans plusieurs pays.  Mais pour être plus exacte, c’est la communauté médicale qui contrôle l'ISNA.  J. Michael Bailey et plusieurs autres pseudo-scientistes tirent les ficelles du mouvement intersexe aux Etats-Unis et utilisent les enfants intersexes dans leurs recherches eugéniques afin de trouver une cause génétique de l'homosexualité.  Sous le gouvernement de Bush, ce sont ces «chercheurs» qui reçoivent les fonds pour financer leurs recherches.  Le Consortium sur les Désordres de développement sexuel approuvé par l'ISNA et dont les publications sont éditées par Alice Dreger de l’ISNA est un groupe de deux organisations aux USA et J. Michael Bailey appartient aux deux groupes et a beaucoup d'influence sur tous les deux. Les articles sur cette page sont un cri d'alarme aux francophones.  Ne vous laissez pas séduire par cette idéologie financée par les fondamentalistes chrétiens qui contrôlent les fonds des agences fédérales aux USA et qui financent les « études » de ce consortium.
(Hétéro)-sexisme pathologique et la médicalisation du sexe chez les enfants
Intersexe – le Sexe qui n'ose pas dire son nom
Par Curtis E. Hinkle

On ne peut pas vraiment dire que ce soit un scoop que d'affirmer que nous vivons dans une société sexiste. Cependant, au moment même où nous croyons que nous sommes en train de faire des progrès dans notre lutte pour l'égalité et la dignité, nous sommes pris par surprise par un contrecoup et par la force politique qui le soutient. Nous avons trouvé des preuves tout récemment de cette puissante machinerie hétéro-sexiste aux Etats-Unis, avec l'annonce de la part de l'ISNA, La société des personnes intersexuées d'Amérique du nord, au sujet de son adoption de l'expression "trouble du développement sexuel" ("Disorder of sexual developpment, DSD" en anglais). Cette organisation américaine affirme que ce terme serait préférable pour les enfants que l'adjectif "intersexué" ou "intersex" en anglais.

J'ai lu tout récemment un article de Vincent Guillot, un activiste de la communauté intersexuée d'Europe qui a pour titre "C'est à nous de sortir du discours médical". Je ne peux qu'approuver ce titre. C'est aussi aux adultes intersexué-e-s de parler contre l'hétéro-sexisme pathologique et ses conséquences dévastatrices pour les enfants intersexués. Nous avons été des enfants. Les médecins et les "experts" qui parlent en notre nom n'ont pas toujours à cœur de défendre nos propres intérêts. Ils font partie d'une machinerie sexiste qui a fait d'immenses dommages à nombre d'entre nous durant notre enfance, ils ne nous ont pas écoutés et ils continuent d'essayer de contrôler nos vies.

Le fait que certains adultes intersexués puissent réellement croire qu'ils souffrent d'une condition médicale ne devrait en aucune manière réduire au silence ceux d'entre nous qui récusent cette vue pathologique de l'intersexualité. Il était tout à fait possible d'utiliser le terme "intersexué-e" ou "intersex" comme un adjectif médical décrivant une condition de formation atypique du sexe d'une personne. Les personnes souhaitant une aide médicale pouvaient l'obtenir, avec tous les diagnostics et les pathologies associés par les médecins au fait de ne pas être typiquement homme ou femme. Personne ne dictait la manière de chercher de l'aide aux personnes intersexuées qui ressentaient leur corps comme pathologique, et personne n'affirmait qu'ils n'aient pas le droit de le percevoir ainsi. Mais la situation a radicalement changé avec la création de l'acronyme "DSD", pour "trouble du développement sexuel". Cette dernière tend à stigmatiser un large segment de la communauté intersexuée en raison de sa manière purement pathologique, sexiste et humiliante de considérer les personnes intersexuées. Nous avons le devoir de protéger les enfants d'une politique aussi destructive, sexiste, stigmatisante qui est défendue avec vigueur par nos institutions médicales, légales et sociales.

Examinez de près ce terme. Il peut nous aider à comprendre la mentalité de ceux qui ont choisi de l'adopter pour parler d'enfants sans défense. En premier lieu ils disent que l'enfant a un trouble. Merck est l'éditeur de l'une des références médicales les plus utilisées aux Etats-Unis. Voici la définition d'un trouble d'après leur site web: "un désordre ou un fonctionnement anormal, un état physique ou mental morbide" [1]. Depuis le jour de sa naissance, et de plus en plus avant même sa naissance, un enfant intersexué est étiqueté comme dérangé ou anormal parce qu'on aurait perçu un dysfonctionnement ou un état physique morbide. Ce fonctionnement déséquilibré ou anormal repose sur des siècles de réduction des personnes à leur fonction reproductive. Définir un enfant sur la seule base de son futur fonctionnement sexuel et reproductif est clairement sexiste et certainement quelque chose que les enfants en question ne comprendraient pas car ils n'ont pas d'expérience de ce que c'est que d'être un adulte sexuellement mature. Cela sexualise les enfants dès leur naissance et leur envoie le message que leur vrai but dans la vie est d'avoir un corps capable de fonctionner dans une relation hétérosexuelle dont le but principal est la reproduction, alors même qu'il est probable qu'aucun traitement leur permettra jamais de se reproduire. Les traitements qu'on leur impose a pour but de leur permettre de simuler une activité hétérosexuelle plus tard dans la vie, alors même qu'il est possible que cela ne les concerne pas, suivant la manière dont ils grandissent et dont ils intègrent leur sexualité (ou leur manque d'intérêt pour la sexualité). Il n'est pas acceptable de présupposer que tous les enfants vont ressentir le désir d'avoir des relations hétérosexuelles en tant qu'adultes. Cela les rend souvent encore plus confus et honteux parce qu'ils sont traités pour un dérangement (à savoir le fait de ne pas être né avec ce qu'il faut pour un fonctionnement reproductif, et donc hétérosexuel).

Leur corps devient un élément déstabilisant pour des institutions sexistes et le jeune enfant est enfermé dans un ensemble de discours au sujet de qui il/elle est, de l'apparence que son corps devrait avoir dans le but d'avoir quelque espoir de s'inscrire dans le système. Mais les questions que je pose sont les suivantes: Est-ce que tout cela aide vraiment l'enfant? Est-ce que cet enfant est vraiment déséquilibré ou anormal? Est-ce que tout cela nécessite vraiment une intervention médicale? Qu'est ce qui ne va vraiment pas au sujet du corps des enfants intersexués? Pourquoi est-ce qu'il faut "corriger" l'enfant? Je crois que la réponse à chacune de ces questions se trouve dans l'idéologie profondément sexiste et hétérosexiste qui contrôle notre société et qui n'a rien à faire des intérêts réels des enfants. Elle ne se préoccupe que de la protection des institutions traditionnelles de notre société. Le véritable trouble ou le dérangement ne réside pas dans le corps des enfants intersexués, il réside dans l'idéologie de la société dans laquelle cet enfant va devoir vivre et qui légitime l'utilisation de toute une panoplie de technologies biomédicales pour imposer un ordre qui n'a rien de naturel, qui a été institué comme une évidence et qui, de ce fait, légitime toutes les mesures nécessaires pour l'imposer à toutes les personnes qui ne se conforment pas à la division traditionnelle et sexiste de tous les êtres humains entre hommes et femmes.

Estomper cette division arbitraire entre deux catégories de personnes est une menace pour une structure hétérosexiste qui ne peut vivre qu'en imposant une dichotomie entre hommes et femmes qui deviennent deux catégories sociales, presque deux classes, distinctes. Les inégalités de pouvoir entre les membres de ces catégories ne sont pas considérées comme un danger. Non, ce sont des enfants sans défense qui deviennent le champ de bataille et ils doivent payer un prix très élevé de par le simple fait qu'ils naissent avec un corps qui met en cause des catégories arbitraires et sexistes qui n'ont d'autre légitimité que d'être nécessaires pour que ce système hétéro-sexiste fonctionne. Le deuxième terme de l'expression "DSD" avec laquelle certains essaient de remplacer l'adjectif "intersexué" est "sexe". Il est utilisé pour dénommer le sexe qui n'ose pas prononcer son propre nom. La définition suivante est une assez bonne description de ce que la plupart des gens veulent dire quand ils utilisent ce mot:

"Une construction biologique, basée sur des caractéristiques biologiques qui rendent possible la reproduction" (extrait de Krieger N. A Glossary for Social Epidemiology, J Epidemiol Community Health 2001; 55:693-700.)

Le caractère hétéro-normatif de cette définition est évident. Elle affirme que selon une perspective biologique, les humains sont essentiellement dimorphiques. Mais même d'un point de vue strictement biologique, le sexe ne peut pas être défini comme cela. De plus, la biologie est justement l'une des disciplines qui traite du corps humain et des sexes. D'un point de vue génétique, le sexe des êtres humains est beaucoup plus complexe. Les variations génétiques entre les personnes qui font qu'elles ne sont pas des hommes ou des femmes "standard" sont si nombreuses qu'en fait peu de personnes correspondent vraiment à ces critères, même physiquement. Le seul fait d'utiliser les termes "mâle" et "femelle" quand on se réfère à des marqueurs génétiques pose de sérieux problèmes car ce que l'on appelle un marqueur "masculin" ne mène pas nécessairement à la masculinité, etc. le caractère stéréotypé et artificiel d'une idéologie arbitraire et binariste devient en fait encore plus évident quand on s'intéresse aux composantes génétiques du sexe. Le message que nombre d'enfants intersexués entendent est que leur sexe est en lui-même un trouble, un handicap et un état physique pathologique. Ceci ne fait absolument rien pour soulager la stigmatisation associée avec le fait d'être intersexué-e. En fait, cela ne fait que l'accroître, en faisant une fois de plus en sorte que l'intersexualité est le sexe qui n'ose pas prononcer son nom. Tout comme le fait d'être un-e hermaphrodite était si humiliant, on nous affirme maintenant que le terme "intersexué-e" est trop "politique" pour être utilisé quand on parle d'un enfant (cf. l'article de ISNA qui décrit les raisons pour lesquelles cette organisation considère qu'il en est ainsi [2]). Mais en fait qu'est-ce qui ne va pas avec le fait de ne pas être clairement homme ou femme? Nous est-il vraiment impossible d'aimer un enfant qui ne correspond pas à ces critères artificiels? Avoir les cheveux roux n'est pas fréquent, mais c'est pourtant parfaitement naturel que de naître ainsi, de même que c'est parfaitement naturel que des enfants naissent intersexués, et cela ne nécessite habituellement pas plus de traitement médical que de naître avec les cheveux roux. C'est à dire aucun. Et tous les enfants, qu'ils naissent avec les cheveux roux ou intersexués ont besoin du même amour et du même accueil inconditionnel de la part de leurs parents. Nier votre identité et refuser d'admettre que vous êtes intersexué ne correspond pas vraiment à cet accueil aimant et inconditionnel. Et cela a des conséquences graves pour l'enfant. Légalement, nous avons deux sexes "officiels". Ce système de loi est nécessaire pour maintenir une structure patriarcale et hétéro-sexiste. Mais elle n'a rien de naturel. Elle est imposée politiquement et socialement et les enfants intersexués paient un prix terriblement élevé pour révéler ce qui est pourtant évident, à savoir que cette distinction entre deux sexes presque antinomiques est arbitraire. Ces enfants ont le malheur de naître avec un sexe qui n'ose pas dire son nom, ils sont intersexué-e-s. Le dernier terme du "diagnostic" imposé aux jeunes enfants est "développement". Ce terme est utilisé alors même que le terme "différentiation" est bien plus approprié étant donné que ce que les médecins considèrent comme un trouble est le fait que le fœtus ne s'est pas différentié "correctement" en un garçon ou une fille. Le mot "différentiation" est plus approprié si le but est d'imposer des "différences" strictes entre hommes et femmes. Utiliser le mot "développement" ne fait qu'obscurcir les choses – comme si les partisans de l'expression "DSD" essayaient de dire que le problème est juste que les tissus reproductifs ne se sont pas développés correctement alors que le problème est que, de par sa simple existence, l'enfant défie les divisions strictes et arbitraires entre les personnes que nous classons parmi les hommes et celles que nous classons parmi les femmes. On peut voir cela clairement si on examine la manière selon laquelle un enfant qui naîtrait avec un pénis très grand est traité. Il est très peu probable qu'il soit perçu comme ayant un trouble du développement sexuel, alors même que ses organes sexuels seraient "surdéveloppés" en comparaison des autres enfants. En fait, le fait d'avoir un pénis très grand ne met pas en danger les distinctions légales et sexistes entre homme et femme. Un tel enfant ne subirait aucun traitement. Ce qui pose problème aux yeux de l'entourage des enfants intersexués est qu'ils ne sont pas clairement différentiés comme garçons ou comme filles, et cela n'a rien à voir avec le développement, le sous-développement ou le surdéveloppement. J'ai lu un commentaire intéressant par un activiste particulièrement convaincant qui traitait des connotations du mot "développement" et son raisonnement était particulièrement sensé. Le recours à ce terme tend à faire croire que l'enfant n'est pas entièrement développé. Une telle affirmation n'est pas particulièrement libératrice quand elle est appliquée à des enfants.

Elle tend de plus à faire croire que ceux d'entre nous qui ne se sont pas développés pour devenir complètement des garçons sont simplement des enfants et des personnes qui ne se sont que partiellement développées. Ceci permet d'empêcher toute personne qui s'identifie comme un homme mais qui ne correspond pas en tout points aux normes de cette catégorie d'y adhérer, alors même que nombre d'entre nous ont une identité et une vie d'homme.(et c'est là où on retrouve le plus clairement une idéologie vieille de dizaines de siècles dans l'esprit de gens soi disant à la pointe de la recherche scientifique).

Je considère que les personnes de la communauté intersexuée qui sont en désaccord avec cette politisation sexiste de l'intersexualité (et de leur propre corps) ont le droit de la dénoncer. D'autres ont aussi le droit de parler au nom des enfants, mais ce droit ne peut être confisqué par quelques uns. Faire croire aux enfants intersexués qu'ils sont dysfonctionnels, déformés, ou du mauvais sexe et seulement partiellement développés ne les aide en rien. Nous devons oser parler en leur nom, nous devons oser parler du sexe qui n'ose pas dire son nom, celui des enfants intersexué-e-s.

[1] La définition de Mercks peut être trouvée à: http://tinyurl.com/7flku
[2] "Parents and doctors are not going to want to give a child a label with a politicized meaning." l'article de ISNA's expliquant les raisons pour lesquelles ils utilisent l'expression DSD (Disorder of Sex Developtment) peut être trouvé à:http://www.isna.org/node/1066
Personnes sans visages
L’Utilisation de techniques discursives comme moyen d’objectivation de groupes marginalisés
Personnes sans visages
par Curtis E. Hinkle

Le but de cet essai est d'analyser les textes sur le site web de l'ISNA, l’organisation la plus visible dans le domaine de l’intersexuation, afin de comprendre les différentes techniques discursives que cette organisation utilise consciemment ou inconsciemment qui réduisent les sujets mêmes de leur discours au silence.

Voici un petit résumé des différentes techniques que je vais aborder dans cette analyse:
  • Il n'y a aucun substantif (nom) employé pour un(e) intersexué(e).
  • Prépondérance de blogues de personnes qui ne sont pas intersexuées.
  • Concentration presque exclusive sur le corps
  • Refus total de prendre en considération les questions de genre comme une question importante pour les intersexué(e)s.
  • Infantilisation continuelle
  • Prolifération du discours médical

Après avoir lu les articles sur leur site, j'ai remarqué que l’absence totale d’un substantif ou nom pour les personnes qui sont l’objet de leur discours est le plus flagrant délit qui résulte de leur façon de contrôler le langage pour objectiver et marginaliser les intersexué(e)s. Comment est-ce possible? Si les sujets dont vous parlez n’ont pas de nom, de substantif pour les nommer, on donne l’impression que les objets dont vous parlez n’ont pas de substance, qu’ils ne sont d’aucune conséquence. Autrement, on créerait un nom, un substantif pour catégoriser l'objet de discussion. Au lieu de l'utilisation d'un nom comme intersexué(e), ou le vieux terme hermaphrodite, qui n’est pas biologiquement exact, mais qui a une grande signification historique comme nom ou catégorie pour nous, nous sommes constamment désignés comme personnes ou enfants avec l’intersexuation, ce qui nous oblige de disparaître encore une fois dans une des deux catégories masculine/féminine que nos corps ont défié en premier lieu.

Le refus d'employer un nom ou d’en créer un que beaucoup d’intersexué(e)s accepteraient déshumanise les sujets réels de leur discours parce que nous devons consentir à être vus à travers le prisme binaire de femme ou homme avant de devenir le sujet de discussion. C’est un effacement et on disparaît de nouveau dans un vide pour devenir des personnes sans visages, l’objet qu’on n’ose jamais nommer.

Cependant, si vous faites une analyse du texte du site, vous arriverez à cette conclusion, c'est-à-dire, il n'y a aucun nom pour nous sur ce site. De cette façon, les personnes qui veulent parler de nous en tant qu’objets détiennent tout le pouvoir discursif et cette technique d’objectivation soutient toutes les autres qui en découlent.

Une des autres techniques discursives qui représentent l'intersexé(e) comme un objet sans pouvoir d’agir est de laisser la parole à d’autres, surtout des femmes qui ne sont pas intersexuées qui parlent à notre place. Si vous regardez le site, presque tous les blogues sur le site sont contrôlés par des femmes qui parlent pour nous mais qui ne sont pas intersexuées. De cette façon, le sujet de leur discours reste toujours un objet dont on parle et qui n’a jamais de voix directe en tant que narrateur/narratrice réelle du discours.

Ainsi, on peut fixer toute l’attention du lecteur sur le corps sans jamais parler de la personne dans le corps en question. Quand on parle de nous, c’est presque toujours de notre corps, une autre forme d’objectivation et afin d’immobiliser l’objet, on écarte toute discussion sur le genre en déclarant que c'est une question qui n’est pas importante pour nous. Cependant presque tou(te)s les intersexué(e)s avec qui j’ai parlées m’ont dit que les questions de genre sont très importantes pour elles/eux. Mais si on commence à parler du genre, on commence à humaniser l’objet et on doit aborder le sujet tabou de ce site, l’identité des personnes dont on parle. Si on accorde une identité au sujet, on risque de perdre contrôle du discours et d’autres personnes pourraient plus facilement vous demander d’expliquer pourquoi ce sont des personnes qui ne sont pas intersexuées qui parlent pour nous tout le temps et pourquoi elles exercent tant de contrôle sur les mots, les définitions des sujets de leur site sans laisser parler des sujets eux-mêmes de leurs identités, leurs expériences dans une société qui n’a pas de place pour eux.

Une autre technique discursive est l’infantilisation continuelle de l'intersexué(e). Par cela je veux dire que la plupart de toutes discussions sur le site parle de nous en tant qu’enfants. C’est important. Mais en fixant l’attention toujours sur un petit enfant, cela donne l’impression que nous avons besoin d’autres pour parler car un enfant n’est pas capable de parler. Si les intersexué(e)s parlaient de leur propre vie en tant qu’adulte, on devrait mettre tout en question concernant les définitions, les termes et tout le discours sur ce site car ce serait plus évident que les sujets en questions ici sur leur site sont presque totalement absents.

Et finalement, la prolifération du discours médical qui fixe l’attention sur la pathologie des sujets sape tous les efforts de notre émancipation de l’institution qui a pour but de nous effacer. Le but de la médicalisation des intersexué(e)s est de nous faire disparaître. La normalisation de nos corps et de nos genres servent à protéger le statu quo car notre existence déstabiliserait tout le système binaire.

Ces techniques discursives nous déshumanise et nous sommes redevenu(e)s les personnes sans visages que nous avons trouvées dans les textes médicaux quand nous étions jeunes et nous avons pleuré de voir nos propres corps exhibés comme des monstres. Sans voix, sans visage, sans place. Nous nous sommes caché(e)s et la honte continue.
Pourquoi L’ISNA ne parle pas pour beaucoup d'entre nous
par Curtis E. Hinkle
2006

L’ISNA (The Intersex Society of North America) prône non seulement la pathologisation de l’intersexuation mais marginalise également celles et ceux qui veulent célébrer la diversité au sein de notre communauté.

Voici bientôt huit ans que j’écoute et dialogue avec des personnes intersexuées à travers le monde. Presque tou(te)s se sentent exclu(e)s et à nouveau nié(e)s par le discours normatif et binaire de l’ISNA.

Ce qui suit sont des citations typiques qu’on trouve sur leur site. Elles sont en caractères gras:

"L'intersexuation est principalement un problème de stigmate et de trauma, pas de genre."

Nous sommes très loin de ce que des centaines de personnes intersexuées à travers le monde m’ont raconté en parlant de leurs vies, de leurs identités et de leurs problèmes. Selon elles/eux, les questions de genre sont plus importantes que beaucoup d'autres questions. Les stéréotypes et les préjugés qu’ils/elles doivent affronter tous les jours constituent un préjudice quotidien. Beaucoup d’entre-elles ont une identité intergenre et d’autres sont transgenres. Prétendre que les questions de genre ne sont pas un des problèmes majeurs des personnes intersexuées est un tour de passe-passe qui nous réduit encore une fois à des objets, des spécimens biologiques.

De cette manière, les auteur(e)s des articles sur le site de l’ISNA, dont la plupart sont des femmes et pas intersexuées, peuvent continuer un discours normatif basé sur nos corps et éviter d’écouter les personnes qui habitent ces corps.

"Tous les enfants doivent être assignés garçon ou fille, mais sans chirurgie."

Pourquoi ? Pourquoi doit-on encore aujourd’hui assigner le sexe masculin ou féminin à chaque enfant ? Même si la Loi dit que chaque enfant doit être juridiquement garçon ou fille, je crois que l'Etat ne devrait pas se baser sur une telle division des personnes, qu’elles soient «intersexuées» ou non, pour les enfermer dans un carcan identitaire inadapté. Si un enfant est dans l’incapacité d'exprimer son genre, pourquoi devrait-on accorder à quelqu’un d’autre le droit de le faire à sa place ?

Ce que l’ISNA recommande pour des enfants avec l'intersexuation.
( Titre d'article)

Selon ISNA, nous ne sommes pas des personnes intersexuées mais simplement des hommes et des femmes "avec l’intersexuation". Pour beaucoup d'entre nous, c'est très offensant. L'Intersexuation n'est pas une pathologie comme pourrait l’être le diabète. Nous sommes intersexué-e-s, c’est notre identité.

D'autres exemples:
  • des Enfants avec l’ intersexuation
  • des Enfants et des adultes avec l’ intersexuation
  • des Nouveau-nés avec l’ intersexuation
  • Nous avons réuni un groupe d'experts, incluant des professionnels de Santé, un adulte avec l’ intersexuation ainsi qu’un parent pour débattre de ces questions.

"Est-ce que l’ISNA pense que les enfants avec l’ intersexuation doivent être élevés sans un genre, ou dans un troisième genre ?" ( Titre d'un article)

L’auteure, Alice Dreger, explique qu’il n’existe rien en dehors des deux genres normatifs (garçon ou fille). Beaucoup d'entre nous ne sont pas d'accord. Au lieu d’effacer ainsi l’identité de beaucoup de personnes intersexuées, pourquoi ne pas dire clairement que ce point de vue binaire est incompatible avec la notion de représentativité dont cette personne et l’ISNA se prévalent ? La plupart des personnes intersexuées que je connais trouvent cela pour le moins bizarre pour un groupe qui prétend nous représenter.

"Deuxièmement, le plus important pour nous est d’essayer de créer un monde où les enfants avec l’ intersexuation peuvent vivre en sécurité. Leur donner une étiquette de genre inexistante ne va pas les aider. (Duh, huh) ? »

Quelle arrogance! Alice Dreger, qui n'est pas intersexuée, et qui parle pour nous, mais ne nous écoute pas, nous dit que notre genre n'existe pas par "essence" et finit cette déclaration invisibilisante sur une intonation très offensante en anglais "Duh" – un petit mot qu’on utilise en anglais pour souligner la stupidité d’une telle idée. Eh bien, moi, je souhaiterais lui demander sa définition de n’importe quel sexe ou genre par « essence », incluant tous les membres de cette catégorie. Le sexe ou le genre féminin sont-ils des catégories par « essence » ? Une femme n’ayant pas d’utérus est-elle, pour Madame Dreger, une femme… ou une autre « chose » sans identité ? Pourquoi ne pas permettre aux personnes concernées de décider de leur identité, de ce qui est « essentiel » pour elles ?

Elle est libre d’être une femme mais est à l’évidence incapable de comprendre notre nature profonde. Je ne lui en veux pas mais est-ce que les autres, ceux qui ne répondent pas au « coefficient normatif » où ne veulent pas se soumettre au diktat sexiste, ne devraient pas avoir ce même choix ? Avant de parler pour les personnes intersexuées, il faut nous écouter et comprendre que beaucoup d’entre nous ne vont pas dire tout haut ce que nous pensons tout bas. Nous avons été endoctriné(e)s par un système sexiste toujours prédominant où les personnes ayant voix au chapitre sont étrangères au sujet. Dieu ait pitié de nous, nous sommes entre les mains des experts !

Mais est-ce que tout cela ne manque pas tout simplement d’humanité ? Nous avons appris et continuons d’apprendre dans la douleur que dire qu’on ne se sent pas fille ou garçon a souvent des conséquences graves sur nos vies de tous les jours. Un pesant silence nous est imposé tout au long de notre vie car le pouvoir des fumistes « qui savent ce qui est bon pour nous » est écrasant. Comment ne pas trouver tragique la contemplation d’une organisation censée venir en aide aux personnes intersexuées qui adopte les mêmes méthode dictatoriales ? La négation de nos vies nous condamne à l’invisibilité.

La Société des Intersexués d'Amérique du Nord (ISNA) est la première source pour les personnes cherchant des informations et des conseils sur l’anatomie reproductrice atypique et les Désordres développement Sexuelle (DSD en anglais).

Eh voilà, l’ISNA a décidé de changer le nom de la pathologie, comme si cette savante modification allait changer quelque chose dans les faits. Et en plus ISNA prétend ne pas jouer un jeu sémantique.

On lit ce qui suit sur leur site dans leur définition pour l’intersexuation:

"Plutôt que d’essayer de jouer un jeu sémantique qui ne finit jamais, nous à ISNA nous prenons une approche pragmatique concernant la question de qui compte comme personne intersexuée."

La négation de l'identité des personnes intersexuées n’est pas un jeu. Cela a souvent de graves conséquences que l’ISNA devra un jour assumer.

Note: ISNA a fermé ses portes 2008.
Un repas binaire grand format, s.v.p.
La McDonaldisation de l'activisme intersexe

Après avoir lu l'article suivant sur le site de l'ISNA,

http://www.isna.org/faq/not_eradicating_gender (en anglais) (Note: ce groupe defend la construction binaire du sexe et rejette la notion d’être intergenre)

je savais qu'il fallait briser le silence et parler franchement de l'exclusion et de la marginalisation de beaucoup de personnes intersexuées que je connais par les groupes qui nous représentent.

Imaginez un monde dans lequel la division principale entre les individus serait le poids. Ce serait la première chose remarquée à la naissance qui doit être enregistrée sur toutes les actes de naissance - maigre ou obèse.

Imaginez un monde dans lequel les obèses dominaient les maigres et où il serait presque impossible pour une personne maigre de devenir une personne obèse et vice versa.

Imaginez un monde dans lequel les personnes de corpulence moyenne ne pourraient pas exister légalement sauf dans une des deux catégories juridiques - obèse ou maigre.

Dans ce monde, voici les solutions possibles pour donner accès aux personnes de corpulence moyenne à un état civil acceptable : anorexie obligatoire ou gavage afin d'éviter les cas d'ambiguïté tellement redoutés parce que nous savons tous que chacun est soit une personne obèse soit une personne maigre. Il se peut que vous soyez une personne obèse née avec un défaut qui vous fait ressembler plutôt à une personne maigre ou vice versa.

Pour que les personnes obèses continuent à détenir le pouvoir, cette division doit être légalement et socialement imposée à tous les membres pour que tout le monde reste à sa place dans le système en tant que personne maigre ou obèse.

Voici quelques conséquences de cette norme juridiquement imposée :
  • Les personnes obèses peuvent se marier uniquement avec les personnes maigres et vice versa.
  • Les personnes obèses ont droit à plus d'argent, de pouvoir et de prestige.
  • Les personnes maigres doivent s'occuper des besoins quotidiens des personnes obèses.
  • Une personne maigre peut devenir une personne obèse seulement après un diagnostic de maladie mentale et un traitement de gavage et de suivi par un médecin.
  • Personne ne peut jamais devenir une personne de taille moyenne. C'est illégal.

Un premier groupe de personnes de corpulence moyenne se sent marginalisé et décide de se battre contre l'oppression du système binaire basé sur la corpulence parce qu'ils sont convaincus que c'est un système oppressant qui leur impose des traitements artificiels pour qu'ils en fassent partie. Ils sont également convaincus que leur corpulence naturelle n'est pas reconnue et que leurs identités sont effacées dans un tel système. Ils pensent que cette division des personnes par rapport à leur corpulence n'est pas nécessaire et que cela ne sert à rien d'autre que la sauvegarde des privilèges de ceux et celles qui ont le pouvoir dans le système. Selon ce groupe, tout le monde a le droit d'être une personne avec les mêmes droits juridiques que tous les autres.

Un deuxième groupe de personnes de corpulence moyenne est convaincu que la division binaire basée sur la corpulence est parfaitement acceptable parce qu'ils pensent qu'ils sont soit des personnes obèses soit maigres et ils se trouvent tout à fait confortables avec cette division binaire. Ce deuxième groupe réagit très vivement à l'existence du premier au point d'essayer de le faire taire et de le discréditer.

Voici ma première question : quel groupe de personnes de taille moyenne marginalise et exclue l'autre groupe ?

Deuxième question : Le deuxième groupe accuse le premier de se battre pour une société sans notion de corpulence. Est-ce exacte ?

Non. Le premier groupe se bat pour que l'individu ait le droit à être de n'importe quelle corpulence et d'avoir les mêmes droits que tous les autres sans égard à cette dernière. Ils savent bien que la corpulence n'est pas quelque chose qui va tout simplement disparaître. Ils sont tout simplement convaincus que ce n'est pas quelque chose qu'on doit imposer aux gens contre leur volonté et avec seulement deux choix possibles - obèse ou maigre. Ils veulent mettre la fin à la « dictature de la corpulence ».

Note: ISNA a fermé ses portes 2008.
Renseignements sur J Michael Bailey, collègue d'Alice Dreger et maintenant "chercheur" sur l'intersexuation

Alice Dreger et le consortium de l'ISNA sur les troubles de développement sexuel sont sous le contrôle de cet homme qui a beaucoup d'influence chez les conservateurs de l'extrême droite et qui reçoit beaucoup d'argent du gouvernement Bush pour découvrir les causes de l'homosexualité.  Alice Dreger est une grande amie et défend cet homme et attaque toute personne intersexe qui ose dire la vérité sur ses idées homophobes et transphobes qui n'ont aucune preuve scientifique.  Il a aussi écrit un article pour justifier l'avortement eugénique des fœtus homosexuels.  C'est en anglais.  Vous pouvez le lire en cliquant sur le bouton ci-dessous: 



J MICHAEL BAILEY
Professeur
Departement de psychologie de la Northwestern University
Office: Swift Hall 303B
Telephone: (847) 491-7429
E-mail: jm-bailey@northwestern.edu
Fax: (847) 491-7859
Livres transphobes: The Man who would be queen

Informations :

J.Michael Bailey a été Président de la section Psychologie à la Northwestern University jusqu’en 2004. Il a démissionné à la suite d’une investigation sur des accusations de "violation d’éthique" à propos de son livre paru en 2003, The Man Who Would Be Queen: The Science of Gender-Bending and Transsexualism. Nombreux sont ceux qui considèrent celui-ci comme le livre le plus diffamatoire jamais écrit sur le sujet des variations de genre depuis que Janice Raymond a écrit The Transsexual Empire en 1979.

Bailey s’est également attiré les foudres du public pour les idées "scientifiques" qu’il a présentées, en faveur de l’eugénisme homosexuel et qui "prouvent" que les hommes bisexuels sont des menteurs.

"D'un point de vue évolutionniste, l’homosexualité est une grosse erreur." (Citation de Bailey)

Bailey a dit, dans la Chronique de l’Education Supérieure en 2003, qu’il est "tout à fait pour les gays", tout en admettant que "les recherches que je fais ne le sont pas".

Les idées "scientifiques" de Bailey sont basées sur sa conviction que l’homosexualité est une erreur de l’évolution et du développement. Bailey est en faveur d’une psychologie évolutive et croit en un mélange de science et d’idéologie appelé eugénisme, basé sur le principe simpliste que toute évolution est au service de la procréation. Bailey a appliqué cette notion aux variations de genre et de sexualité, et a suggéré qu’éliminer les enfants gay, lesbiennes, bisexuels et transgenre est "moralement acceptable", car c’est le droit de tout parent. Il a également présenté l’argument selon lequel ces enfants auront une "vie difficile", argument utilisé par d’autres eugénistes tels que Peter Singer, qui sont en faveur de l’avortement ou de l’euthanasie à la naissance des enfants handicapés pour leur éviter une "vie difficile".

J. Michael Bailey fut intéressé par l'eugénisme bien avant son arrivée au département de psychologie de la Northwestern University.

J. Michael Bailey à étudié sous la tutelle de l'eugéniste Lee Willerman à l'University of Texas Austin lorsqu'il préparait son doctorat. Willerman, membre de l'American Eugenics Society (crée en 1974), a passé une grande partie de sa carrière à faire des recherches disant que certains groupes étaient moins intelligents que d'autres, et que ceci était surtout génétique. Willerman semble avoir été une figure paternelle pour J. Michael Bailey, formant sa pensée et le mettant dans la voie qu'il suivra de nos jours :

"Mon conseiller, Lee Willerman, était un bien meilleur model. Lee fut l'une des personnes qui avait la plus délicieuse personnalité et intelligence que je n'ai jamais rencontrer. Et il m'a mené à découvrir une passion pour les différences individuelles - QI, différence des sexes, psychopathologies, comportements génétiques, etc. Et il m'a enseigné des cours sur la sexualité humaine quand je me suis renseigné à propos d'une théorie sur l'orientation sexuelle très intéressante, que j'ai étudié pour ma dissertation. Cette théorie impliquait un stress maternel prénatal, et je n'ai trouvé aucune évidence pour cela. Cependant, j'ai adoré le sujet de recherche, et je suis resté plus ou moins là." - Bailey

Le travail initial de Bailey sur des jumeaux à conduit à plusieurs articles sur l'héritabilité de l'homosexualité. Bailey à également écrit des articles avec Aaron Greenberg lorsqu'il était à Northwestern, argumentant que chercher et avorter des foetus gay était "moralement acceptable" et une question de droits parentaux, aussi bien que des arguments sur la castration des criminels.

Bailey est actuellement impliqué dans une etude de frères gay avec Alan Sanders et Khytam Dawood. Après beaucoup d'inquiétudes soulevées à propos de l'implication de Bailey dans le projet, il à tenter de défendre ses ecrits en 2005.  Il est actuellement impliqué dans la recherche sur les enfants intersexués.  C'est lui et son groupe qui croient que l'intersexuation est un trouble, non seulement biologique et génétique mais aussi psychologique et il est convaincu qu'en étudiant les causes pour l'intersexuation, qu'on découvriar aussi les cause pour l'homosexualité et d'autres "troubles" des "pervertis" de notre société.  Et c'est juste son groupe qui est financé par le gouvernement Bush,

Pour un survol complet des liens de Bailey avec le mouvement eugéniste, lisez American Eugenics: Race, Queer Anatomy, and the Science of Nationalism de Nancy Ordover, Page 7-124. Vous pouvez le commandez chez l'éditeur University of Minnesota Press, ou chez Amazon.

Source: http://transphobie.free.fr/Pages/Bailey.php
Source: http://transphobie.free.fr/Pages/Bailey_Eugenics.php